L'opposition veut réformer le système électoral lavallois

Stéphane St-Amour stephane.st-amour@tc.tc
Publié le 7 septembre 2016

Jean Coupal, conseiller indépendant et membre du Parti Laval.

©Photo TC Media - Mario Beauregard

COLISTIER. À l'instar de Montréal et Québec, en période électorale, Laval pourrait bien permettre aux chefs de parti de présenter un colistier de sorte qu'ils puissent participer activement au débat public durant les quatre années suivant les élections municipales.

Conseiller indépendant et membre du Parti Laval, fondé à la fin 2015, Jean Coupal a déposé au conseil municipal, le 6 septembre, un avis de proposition à l'effet d'adopter un règlement sur l'institution du système de colistier lors d'un scrutin général.

« Les chefs de partis politiques sont souvent les locomotives de leur parti et les plus connus du public […]  S’ils ne sont pas élus comme maire, on devrait toutefois reconnaître l’appui que leur a donné la population et permettre qu’ils siègent au conseil », a soutenu M. Coupal. 

Incidemment, au printemps dernier, le Parti Laval plaidait en faveur d'un colistier pour les candidats à la mairie dans les villes de 100 000 électeurs et plus. Il s'agissait, entre autres, d'un amendement proposé dans le cadre des consultations liées au projet de loi 83, modifiant diverses dispositions législatives en matière municipale concernant notamment le financement politique.

Le principe est simple : un chef de parti briguant la mairie pourrait également poser sa candidature dans un district électoral, conjointement avec un autre candidat du parti qui serait son colistier. En cas de défaite à la mairie, il aurait le privilège, si tel est son désir, de siéger à titre de conseiller municipal, pourvu que son colistier se soit fait élire.

Démocratie municipale

Pour Michel Trottier, conseiller indépendant et chef intérimaire de la nouvelle formation politique, le système de colistier sert bien la démocratie municipale en ce sens qu'il favorise la stabilité des partis politiques grâce à la présence de leur chef au conseil. 

« On tente depuis 2013 de rétablir un climat de confiance, de saine gestion et de démocratie directe à Laval. Le système de colistier répond à ces critères», appuie-t-il, ajoutant que le principe est « garant d’une saine représentativité et va de pair avec les valeurs démocratiques défendues par l’administration actuelle ».

La proposition gagne l'appui du chef de l'opposition officielle, Jean-Claude Gobé.

« C'est dans le meilleur intérêt de la Ville et des citoyens », reconnaît-il, faisant valoir l'élévation du débat qui en découlerait.

Arrivé second à la course à la mairie de 2013 avec 28 130 voix, le chef du parti Action Laval est depuis exclu des débats politiques qui ont cours aux séances du conseil, auxquelles il assiste impuissant tous les premiers mardis du mois.

Rappelons que deux mois avant le scrutin de 2013, l'ex-conseillère municipale Claire Le Bel, alors chef d'Option Laval et candidate à la mairie, avait moussé la promotion de cette idée auprès de ses collègues du conseil, constitué à l'époque exclusivement de conseillers municipaux élus sous la bannière du parti de Gilles Vaillancourt. L'avis de motion de Mme Le Bel avait été balayé d'un revers de main.

Débattue en caucus

D'entrée de jeu, au cabinet du maire, le porte-parole François Brochu souligne que cette proposition, qui a été soumise lors de la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 83, n'a pas été retenue par l'Assemblée nationale.

« Ça va certainement être un élément de réflexion; ça va faire partie de l'analyse. Le fait que le gouvernement du Québec n'a pas cru bon retenir cette idée-là peut donner des indices sur sa valeur. Ceci dit, l'idée mérite d'être débattue au niveau du caucus des élus du Mouvement lavallois, où tous les points de vue pourront être exposés. »

Le conseil municipal sera appelé à se prononcer à la prochaine assemblée, le 4 octobre.