Abolition des élections scolaires à l’horizon: la présidente de la CSDL réagit

Caroline Lévesque caroline.levesque@tc.tc
Publié le 17 avril 2015
Louise Lortie, présidente de la Commission scolaire de Laval (CSDL).
Mario Beauregard

DÉCLARATION. «Pour un citoyen, la meilleure façon de prendre en charge l’éducation, c’est avec les élus scolaires», lance Louise Lortie, présidente de la commission scolaire de Laval (CSDL), en réaction à la récente déclaration du ministre de l’Éducation, François Blais, d'en finir avec les élections de commissaires.

«Est-ce que qu’il y a des choses à améliorer? Oui», ajoute-t-elle, en rappelant qu’avant d’en arriver à ce scénario, sous prétexte que le dernier taux de participation au suffrage de novembre 2014 était faible, le Québec aurait intérêt à regarder ce qui se fait ailleurs au pays et à s’en inspirer.

«La Fédération des commissions scolaires du Québec avait fait une demande au ministère de l’Éducation pour joindre les élections scolaires à celles municipales, afin de hausser le taux de participation, rappelle Mme Lortie. Partout au Canada, ces deux élections sont en même temps.»

Service à l’élève affecté

Outre le remaniement à l’horizon de la structure des commissions scolaires, comme le souhaite le ministre Blais et tel que le voyait son prédécesseur Yves Bolduc, Louise Lortie souligne que son établissement est grandement touché par les compressions budgétaires de 200 M$ du dernier budget provincial dans le domaine de l’éducation.

«Arrêtez de couper comme vous le faites», porte comme message la présidente au gouvernement.

Ces restrictions budgétaires, qui ne cessent de s’accumuler au fil des ans, ont atteint le point fatidique d’affecter directement le service aux élèves.

On s’attend à 8 M$ de coupures pour cette année, tout comme l’an dernier. Celle qui est à la tête de la CSDL rappelle que depuis 2009, quelque 47 M$ ont été retranchés à son établissement.

Pas de réponse

Depuis la nomination du ministre Blais, Louise Lortie tente de le joindre pour lui exposer la situation financière de la CSDL.

«J’appelle à son cabinet deux à trois fois par semaine et je n’ai pas de retour encore», affirme-t-elle.

 

Lettre ouverte de la présidente

Dans une lettre ouverte envoyée aux médias le 17 avril, la présidente de la Commission scolaire de Laval affirme que les élèves seront touchés directement par les compressions budgétaires de 200 M$ du gouvernement dans l’éducation.

«La situation actuelle est des plus préoccupantes et la déclaration que je m’apprête à faire m’attriste énormément, écrit-elle. En effet, c’est avec regret que je constate que le gouvernement du Québec, avec son dernier budget, place notre organisation dans une position où les choix et les valeurs qui nous ont guidés, dont celles de mettre l’ensemble de nos élèves au cœur de nos actions et de toujours prioriser les services aux élèves, nous contraignent, aujourd’hui, à prendre des décisions qui vont à l’encontre de ce que nous défendons avec conviction depuis plusieurs années. Ainsi, dès la rentrée 2015, ce sera plusieurs millions de dollars qui seront retranchés, et ce, au détriment des services aux élèves, soit ce que nous avons toujours voulu préserver malgré les coupes en éducation.

Devant cette réalité, comment rester muet face à ces compressions qui affligent notre organisation et qui représentent une entrave à l’atteinte de notre mission?

[…]

Il est primordial que nos voix soient entendues et que les citoyens se mobilisent pour leur jeunesse. Parce que malheureusement, ce sont eux, nos jeunes, qui en paieront le prix, tôt ou tard.»