Plus de 500 postes en danger dès la prochaine rentrée scolaire

Compressions budgétaires en éducation

Caroline Lévesque caroline.levesque@tc.tc
Publié le 23 avril 2015

Des travaux d’atténuation du radon seront effectués dans 13 écoles de la Commission scolaire de Laval, dès cet été.

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DÉFICIT. Se situant dans une impasse budgétaire avec les récentes coupes dans le milieu de l’éducation, la Commission scolaire de Laval (CSDL) annonçait à son personnel, le 22 avril, qu’elle devrait supprimer 500 postes d’ici la prochaine année scolaire.

Les représentants des directions, cadres, commissaires, représentants syndicaux et le comité consultatif pour les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) étaient réunis pour faire le point sur les actions à entreprendre à l’égard des 8 M$ de moins pour l’année scolaire 2015-2016.

Ils s’ajoutent aux coupes budgétaires de l’année en cours, pour un total «minimal» de 16 M$ de déficit, sur un budget de 435 M$.

Parmi les 7400 employés, comprenant enseignants, professionnels, ainsi qu’employés de soutien technique et administratif, tous pourraient écoper de ces suppressions.

«On a demandé au ministre Blais s’il y avait possibilité de faire un budget déficitaire, laisse savoir Louise Lortie, présidente de la CSDL. On ne veut certainement pas couper plus de 500 postes. Ce n’est pas du tout notre désir. On croit en notre personnel et le service qu’il donne aux élèves.»

Ce choix permettrait de ne pas en arriver aux suppressions de postes. Pour le moment, Mme Lortie n’a obtenu aucun écho de la part de l’élu provincial concernant sa demande.

Règles budgétaires

La CSDL a mis en œuvre un plan d’action afin de se conformer aux compressions demandées par Québec, tout en entreprenant des démarches pour élaborer un scénario de redressement financier sur plusieurs années.

Pour l’instant, l’organisation attend les prochaines règles budgétaires, qui devaient sortir en mars ou avril.

«On s’est fait dire que la CSDL avait l’intention de demander un plan de redressement pour équilibrer le budget sur plusieurs années, indique Yves Brouillette, président du Syndicat lavallois des employés de soutien scolaire (SLESS-CSQ), qui représente 47 corps d’emploi. Elle a l’obligation légale de le faire. Ce plan servirait à limiter les coupes cataclysmiques dans le respect du personnel et des élèves. Cela permettrait d’adoucir la situation. La CSDL n’a pas ces réponses-là pour le moment, ce qui l’oblige à une prudence dans le dépôt des plans d’effectifs, qui se résume à une perte de plus de 500 postes.»

«Du jamais vu»

Les plans d’effectifs pour le personnel de soutien seraient déposés au début du mois de mai, ce qui mettra au jour «l’étendue des dommages», pour reprendre les mots d’Yves Brouillette.

Aux dires du président du Syndicat, cette situation serait du «jamais vu», bien que son organisation dénonce les compressions budgétaires depuis près de quatre ans.

«Ça ne fera pas juste mal aux employés, mais aussi aux élèves en manque de services, ajoute-t-il. Et ce n’est pas seulement les élèves en difficultés, mais tous les autres. C’est très inquiétant.»

Comparaison

Précisons qu’à Montréal, les restrictions budgétaires demandées à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus grande du Québec, et qui gère un budget de près d’un milliard de $, sont de l’ordre de 9,3 M$ pour la prochaine année scolaire.

La présidente, Catherine Harel Bourdon, a déclaré, le 22 avril, que son organisation devra subir des coupes de 65 M$ sur deux ans. L’organisation s'apprêterait à abolir une cinquantaine de postes pour respecter ses objectifs budgétaires.