Journée de célébration en l’honneur du croissant

Caroline Lévesque caroline.levesque@tc.tc
Publié le 26 avril 2015
Marc Chiecchio, propriétaire de la pâtisserie provençale Marius et Fanny, située à Sainte-Dorothée.
Mario Beauregard

ARTISANAT. On associe souvent le petit croissant au beurre à la France, mais il se trouve que le Québec s’est aussi approprié cet art.

La pâtisserie provençale Marius et Fanny, située à Sainte-Dorothée, était la seule de la région à participer à la Fête du croissant, soulignée dans près de 40 commerces à travers le Québec, le 25 avril.

Pour sa troisième année de participation à l’événement, le commerce offrait un croissant pour un dollar. À 13h, lorsque le Courrier Laval est passé, on avait vendu pas moins de 10 000 de ces pâtisseries, depuis l’ouverture, à 8h.

Une longue tradition

Cette journée existe pour rendre hommage à cet art culinaire artisanal fort d’une longue tradition européenne. Pour participer à cette fête, il faut que la viennoiserie en pâte levée et feuilletée soit faite sur place, à la main, avec des produits frais, sans dérivés et substituts.

Marc Chiecchio, chef pâtissier et propriétaire de la pâtisserie, reconnaît que le croissant provient d’un savoir-faire simple, mais unique, et surtout agrémenté d’une pincée d’amour et de tendresse.

«Même après 10 000 croissants», rigole-t-il.

Farine, levure, levain, sel et un peu de sucre suffisent à sa confection. Mais le plus important, selon l’artisan, reste le beurre frais. Et pas n’importe lequel… celui de Normandie, pour son goût riche et doux.

«C’est ce qui fait toute la sympathie du croissant, le côté croustillant et l’odeur, explique-t-il. Lorsque vous avez un croissant qui colle au palais, c’est qu’il y a de la graisse, de la margarine et des gras trans. C’est évident que la graisse, ça vaut 1 $, tandis que le beurre en vaut 15 $. C’est ce qui fait la douce différence.»

La préparation de cette fête nécessite deux jours de travail pour les artisans de la pâtisserie française.

«Le four ne dérougit pas, assure Marc Chiecchio. Il cuit encore des croissants jusqu’à la fin de la journée.»

Symbole matinal

Tout est pensé entourant le croissant, comme son aspect visuel, avec sa pâte torsadée, mais également son aura, ce qu’il évoque aux clients.

«Le croissant, c’est un symbole matinal, ajoute M. Chiecchio. Ça nous fait démarrer la journée. Même si c’est très français, ici, c’est bien populaire. Je le constate avec la quantité de croissants que l’on vend.»

M. Chiecchio a commencé dans le métier à 15 ans, alors qu’il habitait dans sa ville d’origine, à Cannes, en France. À la fin des années 1970, lorsqu’il a immigré au Québec, il constatait que son art était le parent pauvre de la restauration.

«Le métier de pâtissier retrouve ses lettres de noblesse grâce aux incontournables, comme le croissant, la brioche, le kouglof, bref, les pâtisseries authentiques, ajoute le propriétaire. Mais c’est un métier dur, car c’est de nuit. Quand tout le monde fête, nous on travaille.»

Traditionnellement masculin, le métier de pâtissier s’est grandement féminisé avec les années, observe l’artisan.

Maintenant, le plus gros défi, c’est de concurrencer tous les supermarchés dans lesquels on retrouve des pâtisseries. Le commerce, situé sur le boulevard Samson, résiste à ces joueurs qui prennent une grande part du marché. Ce qui fait que ses artisans continuent leur travail la tête haute, c’est avant tout parce qu’ils croient aux vertus et à la qualité de leurs produits faits à la main.