Encore du chemin à faire pour vaincre le racisme à Laval

Selon plusieurs organismes d'intégration

Publié le 6 avril 2016

SOCIÉTÉ. Être raciste, c’est faire une distinction à cause de l’origine d’une personne, sa religion, sa culture, sa langue… Une réalité malheureusement présente à Laval, selon les organismes en intégration de la municipalité.

«Ce que je peux voir dans Laval, c’est que c’est loin d’être parfait, assure Claire Le Bel, la directrice générale de L’Entraide Pont-Viau/Laval-des-Rapides. Il y a de plus en plus de peur, partout. »

Pour elle, la peur est souvent source de haine, donc de racisme. Pour illustrer son propos, elle a fait visionner le segment Michou est raciste du film La Crise, sorti en 1992.

«C’est la même réalité partout dans le monde», ajoute Mme Le Bel.

Depuis 20 ans dans les quartiers de Pont-Viau et Laval-des-Rapides, elle a remarqué plusieurs signes criant de racisme. Rappelons que son directeur du secteur immigration, Lucian Nica, a déposé une plainte de voie de fait au Service de police à la suite d’une altercation qu’il juge raciste (voir autre texte).

«Même si, dans les derniers 15 ans, le nombre d’immigrants installés à Laval par rapport à la province a doublé à 6 %, il reste encore du travail à faire non seulement pour aider à l'intégration de ceux-ci, mais aussi sur la société d'accueil », résume ce même directeur.

Sur le plan professionnel

Bien que le constat ne soit pas aussi dramatique, il est quand même peu reluisant du côté de Perspective Carrière.

«J’aimerais vivre dans ce rêve, mais ce serait illusoire de croire que toutes les portes sont ouvertes», affirme Johanne Allaire, directrice générale de cet organisme en intégration professionnelle.

Depuis plus de 25 ans, Perspective Carrière intègre des nouveaux arrivants dans le milieu du travail. Le regroupement les prépare aux entretiens d’embauche et à la réalité en entreprise. Selon la directrice générale, c’est important de leur dire les «vraies affaires» et d’établir avec eux des objectifs atteignables.

«Ils ont beaucoup de deuils à vivre. Ils ont changé de pays pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants, pas pour changer de job aux trois mois, rappelle Mme Allaire. C’est donc important qu’ils travaillent dans leur domaine et Perspective Carrière tente de trouver ce qui s’y approche le plus.»

Ce travail facilite l’intégration de l’immigrant dans sa nouvelle vie.

Par contre, selon Mme Allaire, il faut que l’ouverture d'esprit se fasse autant pour l’employé, ses collègues que pour l’employeur.

«Les grandes entreprises sont arrivées à cette ouverture d'esprit, constate-t-elle. Mais pas les petites/moyennes entreprises. Pourtant, il y a une pénurie de main-d’œuvre et une obligation de s’ouvrir encore plus. On travaille à sensibiliser les entreprises à s’ouvrir à la différence. »

En partenariat avec la Chambre de commerce de Laval, l’organisme travaille fort pour atteindre cet objectif.

Perspective Carrière fait tout de même face à une nouvelle réalité: l’interracisme.

«Je viens d’entendre une Italienne dire ‘’les importés sont là pour voler nos jobs’’», lance Johanne Allaire pour appuyer cette nouvelle réalité, tout en croyant qu’il y a de la place pour tous.

(Texte de Kassandra Martel)