Source de revenu en péril pour des organismes lavallois


Publié le 19 janvier 2017

Les kiosques de Loto-Québec sont passés de 121 à 109 depuis les 10 dernières années. De ce nombre, 47 sont exploités par des organismes à but non lucratif.

©Photo TC Media

FINANCEMENT. Des organismes lavallois pourraient perdre gros cette année si Loto-Québec décidait d'octroyer la gérance de leurs kiosques de vente de loteries à un nouveau gestionnaire.

La société d'État désire «dynamiser son réseau» en misant sur un «modèle de gestion actuel et optimal». Loto-Québec a déjà pris le virage en confiant à une entreprise privée les rennes de 10 kiosques en province, au terme d'un appel de proposition l'été dernier. La prochaine phase de transition, cet automne, inclura les kiosques lavallois.

«Les profits permettent de payer un salaire d'intervenant d'environ 25 000 $ par année, fait valoir Denise Ouimet, directrice du Relais communautaire de Laval, qui est responsable de kiosques au Centre Duvernay et au Centre Laval. Si on les perd, c'est l'équivalent d'une coupure et ça affaiblit le regroupement.

«Avant, le renouvellement était plus une formalité, mais là, c'est un gros point d'interrogation et l'incertitude. C'est certain que nous ferons une proposition, parce qu'il y a moins d'argent  du côté des subventions et il faut trouver des façons de subvenir à nos besoins.»

Un bon rendement

À la Fondation Le Pilier, l'exploitant de kiosques au Centre Laval (près du La Baie), Carrefour Laval, à la Place Rosemère et aux Galeries Laurentides (St-Jérôme), la situation est similaire: les dollars découlant de ce moyen de financement aide les services offerts au Centre Marcelle et Jean Coutu, à Auteuil.

«On ne s'attendait pas à ça, exprime Pierre Bélanger, directeur général de l'organisme qui œuvre auprès de personnes handicapées. Quand on a une formule gagnante, on n'y touche pas. On ne baisse pas les bras, nous allons soumettre une proposition. Loto-Québec nous a souvent demandé par le passé de reprendre parfois en 24h des kiosques laissés par des organismes et on y arrive, alors on est convaincus d'avoir ce qu'il faut.»

Renée Pâquet, responsable de la gestion des kiosques à la Fondation, fait d'ailleurs valoir l'objectif dépassé pour la vente des billets de Célébration. «Notre organisme est dynamique à ce niveau-là», ajoute Pierre Bélanger.

Un de perdu

Jusqu'à l'été dernier, Bonjour Aujourd'hui et Après exploitait trois kiosques de Loto-Québec, dont celui à la Place Fabreville, sur le boulevard Dagenais Ouest, depuis une dizaine d'années. L'organisme a perdu un de ses deux kiosques montréalais l'été dernier, dans la foulée de la première phase transitoire.

Les profits permettent d'assurer la survie des services du regroupement dédié au soutien à domicile sur le territoire des Mille-Îles, rapporte Anita Vassiliou, directrice.

«Nous avons eu une prolongation jusqu'au 31 août, au lieu du 31 mars. Nous allons faire une proposition, mais je n'ai pas grand espoir. Nous avons reçu un montant de compensation de la part de Loto-Québec pour le kiosque perdu, mais il faudra trouver une autre source de financement.»

Critères

Parmi les critères de sélection ciblés par Loto-Québec, on note l'expérience et la capacité de gestion, la capacité financière suffisante de l'exploitant et la localisation de local ou de la place par rapport aux kiosques.

«Loto-Québec invite les OSBL qui le souhaitent à déposer leur candidature qui, le cas échéant, sera évaluée avec l'ensemble des propositions conformes reçues», nous écrit par courriel Marisol Schnorr, conseillère en affaires publiques chez Loto-Québec, indiquant qu'une dizaine de regroupements avaient manifesté leur intention par le biais d'une proposition à l'été 2016.

Les OSBL qui ne seraient pas retenus dans le cadre du nouveau modèle d'exploitation, qui comprend 109 kiosques, se verront offrir une compensation, ajoute la conseillère.