Des Chinois venus pour apprendre à l'école l'Envol


Publié le 8 février 2017

Christian Therrien (à gauche) pose en compagnie de la délégation chinoise: Traci Meadows, Ping Yiling, Dong Jiajun, Kai Liu, Zifeng Liu et Shikun Lu.

©Sylvain Lamarre

ÉDUCATION. L'école alternative primaire l'Envol a accueilli trois enseignants, un parent, un enfant et un administrateur de deux écoles chinoises, entre le 30 anvier et le 3 février, afin d'étudier la pédagogie Freinet.

 L'enseignant Christian Therrien, de l'école l'Envol, et Sylvie Cartier, orthopédagoque, ont convaincu la directrice de l'établissement du boulevard de la Concorde, Sophie Canuel, de faire un échange avec des Chinois.

«Ils sont là pour observer ce que l'ont fait dans nos classes, précise M. Therrien. En Chine, il y a une émergence d'écoles alternatives. Le mouvement commence à se développer.

«Je veux qu'ils retiennent que les enfants font des choix et que ce sont eux qui organisent leur plan de travail», poursuit-il.

Le triangle

Christian Therrien affirme que le succès de l'école alternative l'Envol passe par le fameux triangle composé des parents, des enseignants et enfants. «La communication continuelle du trio est un facteur de réussite. C'est la recette gagnante!» affirme M. Therrien.

«Les projets intégrateurs ainsi que le plan de travail individualisé tissent le quotidien des enfants et leurs apprentissages scolaires. Ils font des choses pour apprendre pour vrai, écrire pour vrai», ajoute le pédagogue.


Christian Therrien prend le dîner avec les enseignantes Ping et Dong ainsi que Shikun

©Sylvain Lamarre

Conférencier

M. Therrien connaît bien ces écoles à Hang Zhou ayant donné des conférences. Certains enseignants chinois voulaient en savoir plus sur cette méthode d'enseignement. «J'ai même donné une conférence dans une grande école des arts, niveau cégep, où on retrouve les meilleurs élèves, précise-t-il. Ils ne sont pas créatifs et ont beaucoup de difficulté à développer leur sens critique. Bref, ils sont incapables de dire non et prendre position.»

L'enseignant lavallois a demandé aux professeurs de développer cet esprit critique. «Ce n'est pas toujours évident!»

Deux écoles à Hang Zhou

Shikun Lu dirige deux écoles alternatives à Hang Zhou, en Chine. Toutefois, on y accueille seulement 240 élèves du préscolaires où on enseigne trois langues: l'anglais, le chinois et le français.

«C'est assez rigide l'enseignement chez nous, admet celui qui prévoit ouvrir une autre école à Shanghaï, en septembre. On n'offre pas cette pédagogie au primaire. On aimerait bien le faire.»

En Chine, le concept de performance est présent. Les jeunes doivent passer des tests. Contrairement au Québec, les parents chinois ne s'impliquent pas.

«Ils n'ont pas de temps et ont peur d'être jugés s'ils commettent des erreurs, indique dans un excellent français M. Lu. Ils trouvent souvent notre école bizarre Les parents sont inquiets et croient que les enfants n'apprennent rien.»

L'équipe de Shikun fait présentement la traduction d'un livre en français de la pédagogie Freinet offert par l'enseignant lavallois. «Il n'y a rien en anglais sur le sujet. L'idée c'est d'avoir des outils pour les pédagogues», souligne Christian Therrien.

L'administrateur chinois a constaté que les élèves de ses classes deviennent souvent des leaders au primaire. «Les enseignants du primaire adorent cela, car nos élèves les aident dans différentes tâches. Ils sont autonomes. Ils s'adaptent facilement.»

La prochaine étape de Shikun Lu sera de les former. «Il est difficile de recruter des profs.»

M. Lu a apprécié son séjour au Québec. «Il fait froid. Il faut s'habiller chaudement», raconte-t-il avec un large sourire. «Ping et Dong ont constaté la grande autonomie des enfants et l'écoute des professeurs. Nous reviendrons.»

Le parent-accompagnateur Kai Lu déguste un repas avec sa fille Zifeng, qui a adoré jouer dans la neige au Centre de la nature.

©Sylvain Lamarre