Diane Verbejus Barrette plaide coupable et est absoute

Sa victime crie à l'injustice

Diane Verbejus-Barrette a plaidé coupable de harcèlement.

JUSTICE. Diane Verbejus-Barrette a plaidé coupable, le 14 septembre, au palais de justice de Laval d'avoir harcelé à répétition une patiente d'un centre de physiothérapie.

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Entre le 23 avril et le 7 juillet 2015, l'adjointe administrative du physiatre Dr Sarto Imbeault, de la clinique de réadaptation De l'Avenir, a appelé à 32 reprises une ancienne cliente, Nathalie St-Louis, à partir du téléphone de son travail.

«Lorsque je répondais, elle raccrochait et ne prononçait aucune parole, a précisé Mme St-Louis devant le juge. Le premier appel est survenu le jour où j'enterrais un proche. Je ne savais pas qui me harcelait. Je croyais que c'était ma sœur.»

Absolution inconditionnelle

Même si Diane Verbejus-Barrette a plaidé coupable à l'accusation de harcèlement, elle a reçu une absolution inconditionnelle de la part du juge Gilles Garneau, après que le procureur aux poursuites criminelles et pénales, Me Gabriel Sénécal et l'avocate criminaliste de la défense, Me Nadine Touma, aient convenu d'une entente. Sa victime a reçu cette décision avec une grande colère.

Visiblement nerveuse, Mme Verbejus-Barrette a expliqué au juge que ses problèmes de comportement étaient dus à une tumeur au cerveau. «Je n'étais pas dans un bon état. Je suis désolée», a-t-elle dit du bout des lèvres.

Durant les échanges entre le procureur et l'avocate de la défense, on apprenait que ses collègues et membres de sa famille avaient noté un changement de comportement en 2015. L'accusée n'était pas reconnue pour être agressive. Ses trois filles ne la reconnaissaient pas dans ses agissements.

Le 29 avril 2015, Mme Verbejus-Barrette a indiqué à son radio-oncologue avoir éprouvé des difficultés avec sa mémoire à court terme au cours de la dernière année.

Elle est redevenue elle-même avec ses habiletés sociales après une opération au cerveau le 22 juillet 2015.

Avant de rendre son verdict, le juge Garneau voulait entendre le témoignage de Nathalie St-Louis. «Je me sens traquée. Elle est dans la salle et je ne me sens pas bien.»

Mme St-Louis n'a pas dormi durant 11 semaines alors qu'elle était en convalescence lors de ces appels répétés. «J'ai des douleurs chroniques au dos. Comment voulez-vous vous reposer et revenir sur pied? Je voulais savoir pourquoi elle m'avait harcelée de la sorte.»

Outrée

La victime âgée de 50 ans s'est dite insatisfaite de la réponse de sa harceleuse. «C'est rendu elle la victime maintenant, c'est écœurant!»

Mme St-Louis était furieuse de la décision du juge, mais surtout d'avoir été tenue dans l'ignorance par le procureur. «Je suis frustrée, choquée, lance-t-elle à sa sortie du palais de justice. Je me suis fait passer un sapin. Le procureur a fait cela en cachette dans mon dos sans m'en parler. Il est beau le système de justice au Québec.»

Plainte contre le Dr Imbeault

Par ailleurs, Mme St-Louis avait aussi porté plainte contre l'employeur de l'accusée, Dr Sarto Imbeault, au Bureau du syndic du Collège des médecins du Québec, le 7 avril 2015. Le médecin avait refusé de recommander Mme St-Louis à un neurochirurgien après plusieurs mois de souffrances atroces.

«Avec du recul, c'est à ce moment-là que les appels de Mme Verbejus-Barrette ont débuté», précise-t-elle.

Sanctions

Dans une lettre datée du 11 mai 2015 et adressée à Mme St-Louis à la suite de sa requête au Collège des médecins, Sylvie Tremblay, Syndic adjoint, admet que Dr Sarto Imbeault n'a pas su maintenir une conduite irréprochable.

«Il n'a pas pu s'abstenir d'exercer sa profession d'une façon impersonnelle. Il ne vous a pas proposé d'alternatives thérapeutiques avec leurs avantages et leurs inconvénients respectifs afin de faire un choix éclairé», pouvait-on lire.

Pour prévenir la répétition d'une situation semblable, des remarques et recommandations ont été adressées au Dr Imbeault. Ce médecin a suivi des ateliers, soit sur la relation médecin-patient et la tenue de dossier efficace extrahospitalier.

«Je ne ressens plus mon pied droit jusqu'au genou et je ne ressentirai plus jamais les besoins de ma vessie, je suis maintenant et de façon permanente en fauteuil roulant pour mes sorties extérieures. Ce harcèlement n'a certainement pas aidé à mon état», termine rouge de colère Nathalie St-Louis.

Nathalie St-Louis aurait aimé que l'accusée ait un casier judiciaire.

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