Des meubles d'autrefois encombrants et démodés

Sur la route des antiquaires

La valeur de ces meubles d'une autre époque est en baisse depuis quelques années.

Une dame de Mont-Saint-Grégoire m’a récemment invité afin que j’examine cet ensemble de salon comprenant quatre morceaux: une causeuse, un sofa et deux fauteuils individuels.

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Il est vrai que le tissu qui les protège n’est pas nécessairement à la mode, mais les pattes de lion ainsi que la charpente très «masculine» font de ces meubles un bien sérieux clin d’œil au mobilier de la fin du dix-neuvième siècle.

Malheureusement cette caractéristique des dimensions importantes de ces quatre pièces constitue le désavantage majeur pour la revente. Comme je le mentionne souvent, les nouvelles réalités immobilières, les espaces restreints des logements et condos du marché actuel ne constituent pas les conditions appropriées pour trouver un espace suffisant à ces meubles centenaires.

Abandonnés

J’ai eu à faire quelques évaluations de meubles anciens pour de nouveaux résidents du parc immobilier des Tours de la Singer. J'ai alors constaté que bien des pièces imposantes ont dû être abandonnées à d’autres membres de la famille, faute de place pour les accueillir dans le nouveau logement.

Comme le marché des antiquités n’est pas favorable à la revente de tels meubles, les antiquaires n’offrent pas de sommes importantes, craignant d'avoir de la difficulté à les revendre.

Vous aurez également compris que les chalets ne sont pas non plus l’endroit choisi pour y laisser de tels meubles. Ce n’est pas le genre de confort que les vacanciers recherchent alors que le farniente fait partie des beaux jours d’été. Voilà ce qui réduit considérablement les habitations susceptibles de loger un ensemble semblable. Les belles résidences victoriennes autour du palais de justice feraient mieux l’affaire.

Valeur

Lorsque les propriétaires m'ont signalé que la vente de ce mobilier était imminente, je leur ai conseillé de passer par les petites annonces sur les sites en ligne. Bien sûr, l’encan du Musée du Haut-Richelieu, le 22 mai prochain, pourrait très bien représenter une option valable, mais encore là, je suis convaincu que le prix qu’ils pourraient en obtenir ne saurait dépasser les 400$.

Il y a à peine quinze ans, la demande était encore bonne. Peut-être auraient-ils reçu une offre avoisinant les 600$, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui en raison de la demande qui n'est plus ce qu'elle était.

Rappelez-vous la folie des bouteilles Avon ou des produits de la Céramique de Beauce, ces deux exemples de marché dont le très fort intérêt à une certaine époque contraste avec le désintéressement actuel.

Ajoutez à tout cela que le tissu qui recouvre ces meubles pourrait très bien ne pas faire l’affaire d’un acheteur éventuel. C'est habituellement l’argument majeur des acheteurs de mobilier comprenant une partie rembourrée.

Les beaux souvenirs de nos aïeuls, même très anciens, ne sont pas toujours un bon investissement. Il faudrait justifier l’achat par un coup de cœur et ensuite trouver le salon idéal pour recevoir votre nouvelle acquisition!

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