Patrick Simon a récemment publié deux livres, se penchant depuis toujours sur le rapport à autrui.
(Photo: Martin Alarie)
Rencontrer l'autre par l'écrit
Le poète et essayiste Patrick Simon a récemment publié deux livres avec toujours cette préoccupation qui le suit depuis ses 40 ans de carrière: le rapport à autrui.
Un recueil de haïkus et de tanka, ainsi qu'un essai sur la protection des civils en temps de guerre et culture de la paix, garnissent désormais sa bibliographie, qui comporte 15 titres.
Dans À deux pas de moi, le Français tombé en amour avec le fleuve Saint-Laurent au tournant de l'an 2000 -- il s'est installé à Laval l'hiver dernier (après Montréal)--, ramène un plein carnet d'images. Des instantanés tirés de ses promenades à Montréal et le long du fleuve.
«À deux pas de moi. Des mouettes sur le gazon. Elles font les cent pas.» «Très jolie ligne orange. Dépassant du jean. Et tes cheveux roux. Tout au long de sept stations du métro de Montréal.»
«Je suis venu à l'écriture par la poésie et c'est par elle que je vais finir mes jours d'écrivain. Avec la poésie, on est dans le monde, on fait attention à lui. C'est le genre littéraire le plus authentique», de dire Patrick Simon, qui renoue ces temps-ci avec une forme poétique en pleine renaissance, le tanka japonais, où le «voir» et le «senti» se rencontrent, afin d'évoquer l'ici et le maintenant. Le moment présent.
Avec la propagation mondiale de l'internet, des poètes du monde entier échangent collectivement sur le tanka, tel les poètes et peintres l'ont fait dans la première moitié du 20e siècle.
Humanitaire
Avant de travailler en tant qu'intervenant de crise en milieu familial, dans les centres jeunesse du Québec, Patrick Simon était de missions humanitaires en milieu de guerre. Il a connu les Balkans, la Bosnie, le Kosovo. Les convois, l'accueil d'enfants victimes de guerre.
«Depuis, j'ai réfléchi sur la protection des populations locales. Il y a une responsabilité internationale. Mais les organisations humanitaires ne peuvent faire grand chose, car l'ONU [Organisation des Nations Unies] a les mains liées devant le principe de souveraineté nationale des États. Mais est-ce de l'ingérence des gens d'un massacre ethnique?» avance Patrick Simon, qui développe son essai en analysant des conflits actuels et passés, en recensant ses propres expériences, et en proposant une culture de la paix en remplacement d'une culture de la guerre. Cette dernière partie basée sur les travaux de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture)et le contre-pouvoir altermondialiste, énoncée par les «quatre D»: Développement (durable), Droit (personnes et communautés), Désarmement et Démocratie.
Édition sur demande
En accord avec les principes qu'il défend, Patrick Simon fait affaire avec des maisons d'édition «sur demande», une «solution économique et écologique». Mentionnons que si le recueil À deux pas de moi est paru chez Mille Poètes, l'essai Sécurité humaine et culture de la paix est disponible aux éditions de la Fondation littéraire Fleur de Lys.
PHOTO DIGITALE PatrickSimon
(Photo: Martin Alarie)