«Je rêve d'un système scolaire où le bénévolat est obligatoire» – Nathalie Collard, journaliste à La Presse.
(Photo: Maya)
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Réintroduire les valeurs universelles dans les écoles
Trois observateurs de la société se prononcent
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L:Le système scolaire peut-il renouer avec la spiritualité dans un contexte laïc ? Oui, répondent les journalistes Nathalie Collard de <@Ri>La Presse, Michel Venne, du Devoir et Diane Pacom, sociologue à l'Université d'Ottawa, mais il faut d'abord se questionner sur nos valeurs communes.
La table ronde du cinquième congrès de l'Association professionnelle des animatrices et animateurs de vie spirituelle et d'engagement communautaire du Québec (APAVECQ), animée par Frédéric Nicoloff a permis aux intervenants de livrer leurs attentes quant au milieu scolaire et à la morale à inculquer aux enfants.
Tous s'accordent pour dire que le débat sur les accommodements raisonnables a passablement ébranlé la société québécoise et le monde de l'éducation dans les dernières années. «On constate une perte de repères, un brouillage. Il faut qu'on fasse le point sur les valeurs qui nous sont propres. Notre premier défi est ce savoir qui on est», a mentionné Michel Venne. Pour lui, l'école devrait favoriser avant tout la socialisation. «Il faut accompagner les jeunes dans leur envie de s'engager sans les forcer. Leur donner les idées des formes d'engagement possibles, leur transmettre les valeurs universelles comme la liberté et le respect de soi», dit l'éditorialiste.
Des pistes à explorer
Nathalie Collard, co-auteure du livre Le bébé et l'eau du bain, croit que le milieu scolaire est l'endroit idéal pour apprendre à cohabiter entre cultures différentes. «Vous avez un grand rôle à jouer, a-t-elle lancé aux animateurs de vie spirituelle. Il y a des ponts à bâtir. Il y a de la méfiance, de la méconnaissance et de l'ignorance.» La journaliste se réjouit du fait que l'enseignement pastoral soit dorénavant évacué des programmes d'enseignement. En contrepartie, elle souhaite que des cours sur les religions soient offerts aux jeunes et que la valeur du partage, anciennement associée à l'Église, soit réintroduite par le bénévolat.
Pour Diane Pacom, membre de l'Observatoire jeunes et société de l'INRS, il faut tenter de développer chez les jeunes, un peu de compassion et d'empathie. «On est dans une société qui déshumanise l'autre, il faut ramener le côté humain», dit-elle. À son avis, les éducateurs doivent sortir les enfants du processus de zombification dans lequel ils sont engagés depuis la naissance. «Ils sont pris en charge par le marketing et les médias dans le seul but de faire d'eux des consommateurs», dit-elle. Néanmoins, Mme Pacom croit que la route sera longue et ardue pour les animateurs de vie spirituelle s'ils s'engagent dans cette voie.
«On constate une perte de repères, un brouillage. Il faut qu'on fasse le point sur les valeurs qui nous sont propres. Notre premier défi est de savoir qui on est»
--Michel Venne