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Courrier Laval
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Une politique sans mordant

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 1 juillet 2007 à 9:00
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Une politique sans mordant
Le remblayage est interdit dans la zone inondable 0-20 ans, mais des dérogations sont possibles, admet-on à la Ville. Et le gouvernement du Québec ne fait pas office de chien de garde, avec une Politique québécoise de protection des rives, du littoral et des plaines inondables truffée d'exceptions, surtout en milieu agricole.
La nouvelle version de la Politique, publiée en 2005, est plus musclée que celle de 1996. Malgré tout, un propriétaire n'est pas tenu d'obtenir une autorisation pour des activités agricoles réalisées sans remblai ni déblai. Et le gouvernement prévoit des dérogations possibles à des agrandissements d'un ouvrage destiné aux activités agricoles.

Le directeur du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, Guy Garand, décriait déjà cette situation en 2000, lors des audiences de la Commission sur la gestion de l'eau au Québec.

Il demandait alors à la municipalité un programme de surveillance efficace dans la zone 0-20 ans, et aux gouvernements supérieurs d'intégrer la zone agricole dans la Convention Canada-Québec, qui voyait à l'époque à la protection des zones inondables. «Pourquoi les agriculteurs ne sont pas traités comme des citoyens ordinaires?» demande-t-il.

La plaine inondable et les rives agissent comme des drains naturels lors des crues. La végétation en berge joue également un rôle de filtre pour les contaminants comme les engrais et les pesticides qui se déversent, en son absence, directement dans la rivière. En 1999, l'organisme Éco-Nature estimait que la majorité de ces filtres naturels avaient disparu sur les berges de la rivière des Mille Îles.

Les berges dénudées sont en partie responsables de la prolifération des cyanobactéries, qui ont contaminé des dizaines de lacs au Québec l'année dernière. Un phénomène qui pourrait s'étendre à nos rivières, selon M. Garand.

Ce dernier s'insurge de voir que la Ville refuse d'intégrer la mouture 2005 de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables dans son futur schéma d'aménagement.

Laval demande par ailleurs à la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs de maintenir les cotes de crues de 1995 sur la rivière des Mille Îles. Les nouvelles cotes ont pour effet d'entraver le développement dans des zones qui n'étaient auparavant pas inclues dans la plaine inondable.

«L'histoire se répète. La Ville a toujours contesté les cartes [de zones inondables], déplore Guy Garand. Qui est patron au Québec? Les municipalité ou le gouvernement?»

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