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Courrier Laval
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Pour un champ de lavande

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 1 juillet 2007 à 9:01
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Courrier Laval mercredi, des travaux illégaux de remblai sur plusieurs dizaines de mètres marquaient le paysage sur les lots du 3421, boulevard Sainte-Rose. (Photo: Martin Alarie)">Pour un champ de lavande
Lors de la visite du Courrier Laval mercredi, des travaux illégaux de remblai sur plusieurs dizaines de mètres marquaient le paysage sur les lots du 3421, boulevard Sainte-Rose. (Photo: Martin Alarie)
Pour un champ de lavande
Cultiver la lavande en zone agricole et aménager un chemin jusqu'à la rivière. Le projet d'une résidente de Sainte-Rose semble anodin, mais provoque des maux de tête à l'hôtel de ville. C'est que la propriétaire a la fâcheuse habitude de procéder sans permis, et que ses aménagements menacent l'intégrité de la rive dans une zone sensible.
Le dossier est complexe, avoue-t-on à l'hôtel de ville. Le projet de Brigitte Ahrweiller, qui possède les lots derrière le 3421, Sainte-Rose, touche à la fois la zone agricole permanente et la zone de grand courant (partie de la plaine inondable susceptible d'être immergée lors d'une crue une fois à tous les 20 ans, en moyenne).

Sa propriété débouche sur la rivière des Mille-Îles, dans l'archipel de Sainte-Rose, un milieu à haute valeur écologique.

Sans le savoir, Mme Ahrweiller a créé un beau cas de figure en matière de protection des rives en milieu agricole, un sujet à l'origine d'inquiétudes chez les militants environnementalistes (voir autre texte en page A10).

Dans un tel contexte, elle ne peut aller de l'avant sans l'autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) et de Ville de Laval. La CPTAQ a autorisé, le 7 juillet 2005, une première mouture du projet de Mme Ahrweiller, qui prévoyait le remblai de 1800 mètres carrés.

La Commission a émis une deuxième décision favorable mardi dernier, au nouveau projet, plus ambitieux, de remblayer 6600 mètres carrés supplémentaires, plus à l'est. L'aménagement d'un sentier jusqu'à la rivière ne fait pas partie du projet autorisé par la CPTAQ.

«C'est la Ville qui a sa réglementation, explique Clément Desrosiers, de la CPTAQ. Nous, ce qu'on regarde, c'est si l'usage prévu est un usage agricole. S'il y a usage autre qu'agricole, on l'interdit, sauf s'il y a dérogation.»
Sans permis de la Ville
La propriétaire a abattu les arbres et remblayé sur plusieurs dizaines de mètres au sud de sa propriété, au début du mois de juin, sans attendre l'obtention de son permis de la Ville. C'était la deuxième infraction en près de trois ans. Un premier avis avait été émis par Ville de Laval le 26 octobre 2004, alors qu'elle procédait illégalement à des travaux de remblais. Dans les deux cas, aucune amende n'a été imposée.
Ce sont les démarches d'une voisine, auprès de la Ville et des autorités compétentes en matière d'environnement, qui sont à l'origine de l'arrêt des travaux, le 8 juin dernier.

«Quand j'ai acheté, j'ai vérifié les bandes riveraines, parce que je voulais savoir si j'étais en zone inondable», mentionne Diane Pigeon, avec la carte des cotes d'inondation de son secteur en main.

La contrevenante était absente lors de la visite du Courrier Lavalsur les lieux, le 27 juin. Le terrain avait été défriché, remblayé et égalisé au-delà de la zone de grand courant indiqué sur la carte de Mme Pigeon, estampillée par le service de l'urbanisme de Ville de Laval.
Un sentier?

«Elle [la propriétaire] s'est engagée à ne pas aller plus loin. L'objectif était de faire cesser la progression des travaux», explique le porte-parole de la Ville, Marc Laforge. Les services de l'urbanisme et de l'environnement de la municipalité analysaient le dossier, jeudi.

Il s'agit, pour le moment, de déterminer si la zone inondable 0-20 ans a été touchée lors du défrichement et du remblayage récents. C'est cependant le second volet du projet de Mme Ahrweiller, le sentier qui mènerait à la rivière, qui préoccupe la Ville.

Le règlement de zonage de Ville de Laval stipule qu'aucun remblai n'est permis dans la zone 0-20 ans. Des dérogations peuvent toutefois être accordées, sous certaines conditions.

«Le Service de l'environnement est intervenu pour s'assurer que le projet n'empiète pas dans la bande riveraine», indique M. Laforge. «On va regarder le dossier dans son ensemble», conclut Marc Laforge.

(Photo: remblai)

(Photo: Martin Alarie)

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