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«La meilleure occasion d’éviter l’effondrement était en 1969»

-- Jacques Gagnon

par Julien Arsenault
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Article mis en ligne le 12 juillet 2007 à 12:41
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«La meilleure occasion d’éviter l’effondrement était en 1969»
Jacques Gagnon, le responsable du MTQ pour Montréal et l’ouest de la province, a rejeté la responsabilité sur les ingénieurs et concepteurs de l’ouvrage.(Photo: Éric Carrière)
«La meilleure occasion d’éviter l’effondrement était en 1969»
-- Jacques Gagnon
Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a réagi ce matin aux propos de Denis Mitchell, qui avait affirmé plutôt dans la semaine qu’à deux reprises, les problèmes du viaduc de la Concorde auraient pu être détectés et l’effondrement évité.
Jacques Gagnon, le responsable du MTQ pour Montréal et l’ouest de la province, s’est dit en désaccord avec les propos de M. Mitchell. Il a plutôt rejeté la responsabilité sur les ingénieurs et concepteurs de l’ouvrage.

«Selon le ministère, la plus belle occasion ratée en ce qui concerne l’observation des déficiences concernant le positionnement des armatures a été en 1969 lors de la conception», a soutenu M. Gagnon.

Pour lui, l’ingénieur-concepteur de l’époque, Gilles Dupaul, était en mesure d’évaluer son propre travail et aurait pu corriger la situation pendant la construction du viaduc.
Justification d’assouplissements
M. Gagnon a également soutenu que le doublage des délais en matière d’intervention résulte d’un ajustement en fonction des capacités d’agir.
«Les anciennes normes dataient de 1993 et étaient les mêmes qu’en Ontario, a-t-il dit. Le problème est que nous devons nous occuper de plus de 9000 structures ici, incluant les ouvrages municipaux, comparativement à 2800 en Ontario. En expérimentant ces normes avec l’aide du privé, la situation a été adaptée en fonction de notre réalité et des capacités humaines, physiques et monétaires. Il faut aussi préciser que cet ajustement s’est fait sans compromis pour la sécurité des ouvrages et des usagers.»

Puisque ces nouvelles normes n’ont pas empêché l’effondrement du viaduc de la Concorde, des questions ont été soulevées quant à la possibilité de revenir aux anciennes mesures.

«C’est une rupture fragile sans avertissement qui est survenue dans le cas de la Concorde. Ceci est un événement imprévisible, à notre point de vue, même quelques heures avant la tragédie, a répondu M. Gagnon. Il ne faut donc pas seulement se baser là-dessus.»

Concernant l’inspection de 1995, qui avait fortement suggéré des travaux d’interventions selon le rapport de l’expert Benoît Bissonnette, le MTQ s’est défendu en affirmant que les dommages de l’époque «n’étaient pas de types structuraux et que les délais avaient sans aucun doute été ajustés en fonction de la capacité budgétaire et d’intervention de l’époque».

M. Gagnon s’est aussi prononcé sur l’état du parc structural de la province en le qualifiant de «désuet». «Il a été construit majoritairement dans les années 60 et 70. On admet aujourd’hui qu’il y a un rattrapage à faire. Les réparations à faire arrivent toutes en même temps. Au moins, le ministère a accordé des budgets considérables pour réagir», a-t-il soutenu.

Rappelons qu’en 2007-2008, le budget d’entretien parc structural de la province est de 440 M$ comparativement à 253 M$ pour l’année précédente.
Ciblage de structures
Le MTQ a également précisé que parmi les 332 structures à «dalles épaisses pleines», environ 140 d’entres elles ne comportent pas d’armature contre le cisaillement.

«Cela n’est pas un indice de risque dramatique d’effondrement. Il faut analyser la dalle épaisse pour être en mesure d’évaluer si le manque d’armature anti-cisaillement a été compensé par quelque chose d’autre», a dit M. Gagnon.

Selon lui, le processus d’inspection devrait être terminé d’ici deux mois. Des contrats devraient être accordés à des firmes privées pour accélérer les inspections des ouvrages.

«Au besoin, nous ferons des investigations supplémentaires si les inspections ne nous permettent pas de conclure que les ouvrages sont sécuritaires à 100%. Néanmoins, je ne crois pas que nous aurons à nous rendre jusque-là.»

Un rapport territorial de la répartition des structures à «dalle épaisse pleine sans armature de cisaillement» a également été publié par le ministère. Dans la région de Laval-Laurentides-Lanaudière, 10 structures feront l’objet d’inspection d’ici la fin du mois d’août.

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