Une loi en l'honneur d'Anastasia
Québec désire restreindre la circulation des armes à feu
Neuf mois après le décès tragique d'Anastasia De Sousa lors de la fusillade au Collège Dawson, le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le ministre de la Sécurité publique, Jacques P. Dupuis, ont présenté le projet de loi 9, le 15 juin dernier, au Collège Dawson.
Le «projet de loi Anastasia», en l'honneur de la victime originaire du quartier Auteuil, vise à restreindre la circulation des armes à feu sur le site d'institutions désignées, notamment les garderies et les établissements scolaires, ainsi qu'à bord des transports publics et scolaires.
«Nos lois doivent protéger adéquatement les citoyens du Québec, elles doivent aussi être adaptées aux réalités d'aujourd'hui», a déclaré le premier ministre lors de l'annonce.
Présents sur place lors de l'annonce, les parents d'Anastasia De Sousa ont donné leur accord à l'appellation de ce nouveau projet de loi.
Le Courrier Laval a tenté de rejoindre les parents de la victime pour obtenir leurs commentaires, mais sans succès.
Contrôler et encadrer
Le projet de loi vise principalement à interdire la circulation des armes à feu sur les sites d'institutions désignées, notamment les garderies et les établissements scolaires, ainsi qu'à bord des transports publics et scolaires. Le non-respect entraînera une amende pouvant atteindre 5000$ et la saisie des armes que la personne possède.
De plus, il sera obligatoire de signaler aux policiers tout individu qui circule sur le site d'une institution désignée avec une arme à feu. Une personne travaillant au sein d'une de ces institutions ayant un motif raisonnable de croire que quelqu'un contrevient à l'interdiction devra signaler l'infraction à un agent de la paix.
La pratique du tir à la cible avec des armes à feu à autorisation restreinte sera également plus encadrée. Une personne désirant pratiquer le tir à la cible devra dorénavant «être membre d'un club de tir, respecter les conditions pour le maintien de cette adhésion et obtenir une attestation de son aptitude à manier une arme à feu de façon sécuritaire».
La police de Laval et la Sûreté du Québec préfèrent attendre avant de commenter leur implication dans un tel projet. Pour l’instant, «il faut attendre avant d’agir puisqu’il s’agit encore d’un projet et non d’une loi officielle».
Plus de mesures
Pour accentuer l'efficacité du projet, M. Dupuis a également annoncé le renforcement du module de cybersurveillance et de vigie de la Sûreté du Québec (SQ) pour mieux détecter les comportements problématiques.
«Le passé a démontré l'utilisation de sites Internet par certains auteurs de récentes tragédies, ce qui nous a amenés à se doter de mécanismes de surveillances pour prévenir des événements de cette nature», a déclaré le ministre.
Finalement, une unité mixte de lutte contre la contrebande d'armes à feu sera également mise sur pied pour réduire la contrebande, la possession et le trafic d'armes au Québec.