Après la séance du conseil municipal les résidents de la rue de la Clairière ont pu discuter avec les responsables municipaux.
(Martin Alarie)
La Ville poursuit Habitations Meaujé en Cour supérieure
Une dizaine de résidents de la rue de la Clairière, à Saint-François, se sont présentés au conseil municipal, lundi soir, pour connaître les intentions de la Ville dans le dossier qui les oppose à Habitations Meaujé.
Martin Perreault a décrit aux élus les conditions dans lesquelles vivent les sept propriétaires dont les résidences ne sont pas raccordées au réseau d'aqueduc. «Nous sommes branchés sur la même entrée d'eau par une conduite d'un demi-pouce. Le matin, quand tout le monde prend sa douche, il arrive que je n'aie pas d'eau pour la mienne», a-t-il rapporté en ajoutant qu'il a brisé son lave-vaisselle parce que l'appareil a fonctionné alors qu'il n'y avait pas suffisamment d'eau.
Non seulement les infrastructures de ces résidences (aqueduc, égouts sanitaire et pluvial) ne sont pas conformes, mais celles-ci ont été construites sans permis et sans l'autorisation du ministère de l'Environnement.
La rue n'a pas été asphaltée non plus. M. Perreault a indiqué que son véhicule se retrouve parfois coincé dans la boue lorsqu'il y a des pluies abondantes. Les résidents se sont également plaints des dégâts d'eau qui surviennent dans leur garage lorsqu'il y a d'importantes accumulations d'eau dans la rue.
Le maire et les autorités municipales ont semblé prendre très au sérieux les récriminations des citoyens. Au lendemain de la réunion du conseil, le directeur de l'ingénierie s'est rendu sur place pour constater les problèmes des citoyens.
Jeudi matin, Marc Laforge, porte-parole de Ville de Laval, indiquait que les résidents de la rue de la Clairière seront temporairement raccordés au système d'aqueduc par un réseau de surface. «Nous allons nous assurer qu'ils aient de la pression et une eau de qualité», a-t-il fait savoir.
Procédures judiciaires
Lors de la rencontre avec les citoyens, Robert Cadieux, directeur du Service du contentieux, a affirmé que la Ville désire que les procédures se fassent rapidement. «Nous allons faire en sorte que le dossier se règle dans les prochaines semaines», a-t-il dit.
Ville de Laval n'en est pas à ces premières procédures judiciaires contre Habitations Meaujé. Marc Laforge indique que des avis d'infractions pour construction sans permis ont été remis à l'entreprise en août 2006 pour 18 maisons construites sur les rues de la Clairière, du Bonheur et de l'Arc-en-Ciel.
En plus des procédures en Cour municipale, la Ville a engagé des poursuites en Cour supérieure en ce qui concerne les infrastructures. La municipalité tente d'obtenir une injonction forçant le constructeur à se conformer à la réglementation.
Une autre poursuite totalisant 1 112 000 $ a été déposée contre les Habitations Meaujé et Constructions Albrisar en Cour supérieure. Elle vise le coût des infrastructures de neuf résidences construites sur les rues Duchesneau et La Périère. «Des appels d'offres ont été lancés pour que la Ville fasse les travaux et la poursuite vise à rembourser les frais de construction», explique Marc Laforge.
La Ville a eu à faire des travaux d'urgence dans ce secteur au début du mois de décembre lorsque les installations de fortune mises en place par le constructeur ont gelé.
Le maire a rappelé aux propriétaires d'être vigilants au moment de conclure une transaction immobilière chez le notaire. «Le constructeur aurait dû remettre au notaire un document attestant que les infrastructures ont été faites dans les règles de l'art et indiquant qu'il les cédait à la Ville», a-t-il noté en rappelant l'importance pour l'acheteur d'être représenté par son propre notaire.
PHOTO DIGITALE : citoyen
(Martin Alarie)