La crédibilité de Guy Richard, le témoin expert du MTQ, a été remis en question par l’avocat de Desjardins-Sauriol, vendredi dernier.
(Photo: Éric Carrière)
Un témoignage pas crédible?
Le double mandat d’un expert du MTQ soulève des questions
L’avocat de Desjardins-Sauriol, Patrick Henry, a remis en question la crédibilité d’un expert du ministère des Transports du Québec (MTQ) appelé à témoigner devant la commission, vendredi dernier.
Me Henry a émis des réserves à l’assermentation de Guy Richard, directeur des structures au MTQ, comme témoin expert, puisqu’il avait préalablement témoigné en avril et mai dernier.
«M. Richard avait auparavant été appelé comme simple témoin, a expliqué Me Henry. Là, il est assermenté comme expert. Cela le met dans une position difficile. C’est comme si moi, je demandais à M. Dupaul [le concepteur du viaduc] de venir témoigner comme témoin expert sur le design de son ouvrage.»
Sans mettre en doute le témoignage, les connaissances et la compétence du témoin expert, l’avocat a affirmé qu’il faut faire attention aux propos défendus dans le témoignage.
«Selon ce que M. Richard va dire, s’il défend le MTQ comme témoin expert, je présume que vous pourrez vous-même juger si ses propos sont vraiment crédibles ou non», a dit Me Henry.
À la défense du ministère
Par ailleurs, M. Richard a déposé son rapport comportant la thèse du MTQ concernant la tragédie du 30 septembre 2006.
Selon le document, les éléments à la source de la rupture sont «le mauvais détail d’armature à l’extrémité de la dalle épaisse près de la chaise, une mauvaise disposition des aciers d’armature lors de la construction et de l’infiltration d’eau dans une fissure d’un béton inapproprié en termes de durabilité ».
Le rapport conclut donc que le plan de fissuration de l’ouvrage était «profondément enfoui et qu’il ne pouvait être détecté à moins de pratiquer de profondes fenêtres d’investigation».
Le point de vue soutenu dans le document du MTQ va donc à l’encontre de l’opinion des autres experts de la commission. Ceux-ci ont affirmé que «des fissures à la surface du viaduc auraient dû mener à des inspections plus approfondies».
Les mêmes délais
Malgré l’effondrement du viaduc de la Concorde, les délais d’intervention en matière d’ouvrages structuraux ne changeront pas selon Jacques Gagnon, responsable du ministère des Transports pour Montréal et l’ouest de la province.
«Je le répète, les anciennes normes ont été recalibrées parce qu’elles généraient une masse considérable d’interventions de toute nature et qu’il était impossible de discriminer les plus prioritaires. Les nouvelles normes nous permettent d’identifier nos priorités et d’agir en fonction de nos capacités», a-t-il soutenu.
Rappelons que depuis la plus récente publication du manuel d’inspection du MTQ, les délais d’interventions en entretien des structures ont doublé.
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(Photo: Éric Carrière)