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Selon le spécialiste en structures, Reed Ellis, la formation des inspecteurs du ministère n’est pas en cause dans l’effondrement du viaduc de la Concorde.
(Photo: Éric Carrière)
Deux en deux
Un autre témoin du MTQ avec un double mandat
Un deuxième témoin du ministère des Transports du Québec (MTQ) a vu son témoignage être remis en question. Michel Décary, le procureur de la commission, a émis des réserves à l’endroit de Reed Ellis, un spécialiste en structures.
En 2003, M. Ellis avait été embauché par le MTQ pour superviser le développement d’un nouveau programme de gestion des ponts (BMS).
«Le MTQ lui a demandé d’évaluer un système dont il est le directeur, a soutenu Me Décary. J’aurais pensé que le ministère aurait appelé quelqu’un d’autonome et sans liens avec ce système pour témoigner. Je crois que normalement, une personne indépendante aurait dû être appelée.»
Malgré ces réserves, le témoin du MTQ a tout de même été assermenté comme expert par la commission.
De bonnes inspections
L’expert au double mandat a déposé un rapport défendant les pratiques du Ministère en matière d’inspection et de gestion des ponts.
Il a expliqué qu’au cours des dernières années, le MTQ a produit beaucoup d’ouvrages dans le domaine des normes de conception. «En examinant les manuels, il est possible de constater qu’ils sont comparables ou supérieurs aux manuels utilisés ailleurs sur le plan de la qualité et de l’exhaustivité», a dit l’expert.
Selon M. Ellis, l’effondrement du viaduc de la Concorde est en partie dû à une «absence apparente d’un programme adéquat de contrôle de la qualité et d’assurance de la qualité sur le chantier pendant la construction ».
Formations adéquates
Le témoin expert a également réfuté les propos de Benoît Bissonnette concernant la formation inadéquate des inspecteurs de structures.
«Le MTQ exige une formation complète pour inspecteurs de ponts qui est offerte par l’Université Laval et l’École Polytechnique de Montréal. Mais ici, encore, elle est complétée par l’expérience. Il convient de répéter que la formation des inspecteurs du ministère n’est pas en cause dans l’effondrement du viaduc de la Concorde», peut-on lire dans son rapport.
Lors des inspections de 1985, de 1992 et e 2004, «les inspecteurs pouvaient seulement inspecter ce qu’ils voyaient et ne pouvaient pas suspecter la piètre qualité du béton», a soutenu M. Ellis. Il a donc relié la tragédie du 30 septembre dernier à la mauvaise conception de la structure plutôt qu’à l’entretien et l’inspection.
Pour l’expert, des analyses de béton n’avaient pas à être fait par le MTQ. Les tests de carottage et autres mesures destructives sont coûteux, importunent la circulation et peuvent être une porte d’entrée pour l’eau et les sels fondants.
«Normalement il est préférable d’effectuer ce genre de test pendant la construction», a-t-il ajouté.
Le meilleur
Pendant son témoignage, M. Ellis a réitéré que le MTQ «cherche continuellement à améliorer ses normes». Il ne s’est pas gêné pour affirmer que son système de gestion des structures allait placer le ministère comme chef de file mondial dans ce domaine.
Il a toutefois mentionné qu’une mise à jour régulière doit être effectuée pour maintenir la performance du système.
«Le MTQ doit veiller à ce que les manuels soient mis à jour et que le système serve à accélérer le signalement des défauts structuraux et à déclencher les interventions de suivi.»