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Courrier Laval
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Gérer la pluie

Le phénomène des surverses, un frein à la baignade autour de l'île Jésus

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 12 août 2007 à 8:22
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Gérer la pluie
La rivière des Prairies fait l'objet d'un programme de suivi de la qualité de l'eau piloté par le gouvernement du Québec depuis 2000. Laval a 16 sites d'échantillonnage. (Photo: Martin Alarie)
Gérer la pluie
Le phénomène des surverses, un frein à la baignade autour de l'île Jésus
Les égouts qui débordent à l'Île-des-Sœurs ont dirigé les projecteurs vers un problème qui persiste, près de 20 ans après les premiers travaux d'assainissement. Laval, comme les autres villes, a des devoirs à faire.
Les 48 résidences de l'Île-des-Sœurs qui ont défrayé la manchette au cours de la semaine sont en fait malencontreusement branchées aux égouts pluviaux, qui acheminent leurs eaux de toilettes dans le fleuve Saint-Laurent, sans traitement à la station d'épuration.

Si de tels «branchements croisés» existent à Laval, ils ne sont pas la plus grande source du problème de la qualité de l'eau très variable des rivières dans lesquelles baigne l'île Jésus, estime Denis Brouillette, analyste à la direction du suivi de l'état de l'environnement au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP).
Trop-plein à la rivière
«En temps de pluie, des sections [du réseau souterrain] qui n'ont qu'un réseau unitaire [qui combine les eaux de ruissellement et les rejets sanitaires] doivent composer avec un volume considérable», explique l'expert, auteur d'un rapport sur la qualité de l'eau de la rivière des Mille Îles.

Dans un tel réseau combiné, comme celui du secteur de Laval-Ouest, les eaux rejetées par l'usine débordée par les pluies n'ont pas subi l'étape ultime de la désinfection aux rayons ultraviolets, qui élimine les organismes pathogènes.

Au cours de l'année 2005, de tels rejets ont été observés 97 fois par le MDDEP à la station d'épuration de Fabreville, qui dessert Laval-Ouest.

L'excédent est alors automatiquement acheminé vers des ouvrages de surverse, c'est-à-dire des conduits qui débouchent dans la rivière. Laval est pourvue de 150 conduits semblables. Dans certains cas, une partie des eaux de toilettes, combinées aux eaux de pluie, aboutit dans le cours d'eau sans aucun traitement.
Réseau séparé
«Depuis 1978, il ne se construit plus d'égout unitaire à Laval», précise le porte-parole de Ville de Laval, Marc Laforge. Contrairement à la situation qui prévaut à Montréal, les égouts combinés sont l'exception plutôt que la règle, et les eaux usées suivent le plus souvent un chemin différent selon qu'elles proviennent du ruissellement ou des installations sanitaires. C'est ce qu'on appelle un réseau séparatif.
Le secteur desservi par la station d'épuration La Pinière — qui traite les eaux usées de 280 000 personnes, dans tout le sud de l'île — tout comme le secteur Laval-Ouest, a cependant toujours des égouts combinés.

Les surverses occasionnelles dans le secteur sud-est de ce réseau expliquent les hauts taux de coliformes fécaux enregistrés dans la rivière des Prairies aux sites d'échantillonnage de Saint-François–Sud, par exemple.

La solution? Les bassins de rétention, qui retiennent le surplus d'eau de pluie en attendant que l'usine puisse le traiter. Laval en a 35 sur son territoire, et compte en construire cinq autres dans un horizon d'environ trois ans. Le coût d'une telle installation peut varier de 100 000$ à 700 000$, selon sa capacité.

Mais avec l'équipement déjà en place, on arrive tout de même à traiter 90% des eaux usées dans les réseaux combinés, lors d'une pluie intense comme celle de lundi, assure le porte-parole de la Ville.

Dans un réseau séparatif, le problème ne se pose pas, sauf lors de bris aux usines. Ce qui s'est d'ailleurs produit en 2005, à la station d'Auteuil: des eaux non désinfectées ont été déversées dans la rivière 115 fois.

Par temps sec, toutefois, «toutes les eaux usées sont traitées», affirme M. Laforge. «Laval a dépensé des millions de dollars. Beaucoup d'efforts ont été faits, admet le directeur d'Éco-Nature, Jean Lauzon. Là, on est rendus dans quelque chose de plus fin.»

«Dans l'ordre de priorité, c'est d'abord le sanitaire, renchérit Marc Laforge. Mais pour aller plus de l'avant, il faut un deuxième programme d'assainissement», et éventuellement, s'attaquer au traitement des eaux de ruissellement.
Les stations d'épuration de Laval
Fabreville

Mise en service:1986

Population desservie: 59 000

Débit moyen: 44 000 m3 par jour



Auteuil

Mise en service: 1993

Population desservie: 40 000

Débit moyen: 38 305 m3 par jour



La Pinière

Mise en service 1998

Population desservie: 280 000

Débit moyen: 240 000 m3 par jour
«Pour aller plus de l'avant, il faut un deuxième programme d'assainissement.»
— Marc Laforge, porte-parole de Ville de Laval

(Photo: Eau Dessureaux)

(Photo: Martin Alarie)

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