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Attention, monarque!

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 19 août 2007 à 6:19
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Attention, monarque!
Une chenille de monarque. Véronique Gauvin, biologiste d'Éco-Nature, a localisé l'œuf du coléoptère sous une feuille. La grande métamorphose approche, pour ce spécimen. (Photo: Martin Alarie)
Attention, monarque!
Là où l'autoroute 15 croise le boulevard Sainte-Rose, le monarque vient se poser sur sa fleur de prédilection: l'asclépiade commune. Attention: ne cueillez pas l'asclépiade! Le panneau installé aux abords de la bretelle autoroutière n'est qu'une manifestation des efforts déployés par l'organisme Éco-Nature pour préserver l'habitat de ce papillon.
«Les agriculteurs arrachent l'asclépiade, parce qu'elle est toxique et qu'elle peut nuire au bétail, explique Véronique Gauvin, biologiste et éco-conseillère chez Éco-Nature. Nous, depuis quatre ans, on a une entente avec le ministère des Transports du Québec, pour qu'il ne tonde pas les bretelles d'autoroute.»

Plusieurs bretelles lavalloises font partie de l'entente. L'initiative d'Éco-Nature, qui a pour mission de protéger et de mettre en valeur le Parc de la Rivière-des-Mille-Îles, s'étend également sur certains accès aux voies rapides de la Rive-Nord.
Toxine essentielle
Pour le monarque, l'asclépiade est essentielle, indique Mme Gauvin. La chenille «se nourrit exclusivement d'asclépiade. Il y a deux sortes d'asclépiades au Québec, dont la commune, celle qu'on retrouve dans les bretelles d'autoroute».
La chenille accumule la toxine de la plante dans son organisme. Elle et le papillon qu'elle deviendra sont toxiques. Les oiseaux délaissent donc ces proies. «C'est pourquoi un autre papillon, le Viceroy, l'imite», note la biologiste. Malgré sa plus petite taille, l'apparence et la couleur de l'usurpateur confondent les prédateurs; le subterfuge fonctionne!
Espèces en péril
Le monarque fait partie des espèces ciblées par Éco-Nature dans le cadre de son Programme d'intendance de l'habitat des espèces en péril. Avec le papillon orange, la tortue géographique, le faucon pèlerin anatum et certaines plantes aquatiques, par exemple, font l'objet de recherches et d'interventions dans la zone du bassin de la rivière des Mille Îles.
Si le monarque ne bénéficie pas de protection au Québec, le Canada lui a accordé le statut «préoccupant». «C'est un signal d'alarme», dit Véronique Gauvin. En grand nombre au Québec, le papillon connaît une décroissance de sa population dans le reste du pays.

En plus de son propre programme de sauvegarde des habitats, Éco-Nature participe à Monarque sans frontières (Monarch Watch), un programme initié par l'université du Kansas. Les chercheurs de cette institution font la collecte de données sur la migration des papillons et compilent des connaissances sur l'espèce.
Élever des monarques
Depuis 11 ans, Les Amis de l'Insectarium de Montréal distribuent des trousses d'élevage du monarque. Cette année, 800 trousses seront distribuées le 5 septembre dans la grande région métropolitaine, l'Outaouais et la région de Québec. Écoles, associations d'aînés, hôpitaux, divers organismes se portent acquéreur d'une trousse chaque année.
À Laval, 25 écoles participeront au programme de l'université américaine à la rentrée. À Sainte-Rose, les écoles Villemaire, des Cardinaux, L'envolée, Le Baluchon, Demers et Pépin élèveront des monarques.

La trousse comprend le matériel nécessaire pour assister à la métamorphose de cinq chenilles en papillon. Pourquoi en septembre? «L'idée, c'est de prendre la génération adulte en septembre, celle qui est susceptible de migrer vers le sud», explique Mme Gauvin.
Monarque sous l'étiquette
Une fois le papillon sorti de sa chrysalide (après deux à trois semaines) et ses ailes séchées, une étiquette est apposée sur l'aile postérieure du coléoptère. «Le numéro de code et l'adresse de retour s'y trouvent. Si le papillon est retrouvé mort, les gens mettent [le papillon] dans une enveloppe», résume Véronique Gauvin.

Quatre mille papillons s'envoleront donc du Québec, en septembre, fraîchement étiquetés. @R:Leur destination: le Mexique, quelque 4000 km au sud, que plusieurs d'entre eux réussiront à atteindre. À travers le cycle de la reproduction et de la mort, le retour des monarques au Québec se fera sur deux à trois générations de papillons. Nous les reverrons en mai, au même moment que les premières asclépiades.

(Photo: chenille)

(Photo: Martin Alarie)

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