En attente d'une place de médecin résident
Lamia Ouamara ne comprend pas que des postes soient restés vacants
Lamia Ouamara fait partie de la centaine de médecins étrangers ayant réussi leurs examens d'équivalence qui sont restés sur le carreau, en mai dernier, au moment de l'attribution des postes de résidence. Elle ne comprend pas pourquoi les postes vacants ne leur ont pas été offerts.
La Dre Ouamara et sa famille ont quitté l'Algérie en raison des tensions politiques et religieuses qui secouaient le pays au milieu des années 1990. À son arrivée au Québec, elle savait qu'elle ne pourrait pas pratiquer la médecine. À cette époque, le Collège des médecins ne tenait plus d'examen d'équivalence puisqu'on craignait un surplus de médecins. Résolue au fait de ne plus pratiquer, cette Lavalloise d'adoption s'est tournée vers l'industrie pharmaceutique.
Au cours des dernières années, voyant la pénurie de médecins et l'ouverture du Collège des médecins à faire passer les examens d'équivalence, la Dre Ouamara a quitté son poste en pharmaceutique pour se concentrer à la préparation des examens. L'année dernière, avec l'espoir d'entrer en résidence en juin, elle a passé avec succès les examens. Le parcours comprend quatre examens coûtant entre 800 $ et 1000 $ chacun.
Qu'elle ne fut pas sa surprise de constater que les 87 postes non comblés par les étudiants québécois n'ont pas été offerts aux médecins étrangers ayant réussi leurs examens d'équivalence. Elle note qu'elle n'a même pas été appelée en entrevue.
«Cette situation va créer de la haine. Ma fille et ses amies qui m'ont vu préparer mes examens ne comprennent pas la situation, elles ont le sentiment qu'il s'agit d'une injustice», constate celle qui ne veut pas que ces enfants aient ce sentiment face à leur terre d'accueil.
Entente avec la France
Plutôt que de lui donner espoir, l'allocution de Jean Charest lors de la clôture du congrès a fait naître de nouvelles craintes chez Lamia Ouamara. Dans son discours, le premier ministre a indiqué qu'il voulait intensifier les négociations avec la France pour une entente sur la reconnaissance des compétences de tous les corps de métier entre le Québec et la France.
«Je crains qu'on nous [les médecins étrangers établis au Québec] laisse de côté alors qu'on facilitera l'entrée de médecins français», dit-elle.
Rêvant d'ouvrir une clinique axée sur la prévention parce qu'elle croit qu'il faut agir avant que certaines maladies graves se déclarent, Lamia Ouamara rappelle qu'un Québécois sur trois n'a pas de médecin de famille.
«Je crains qu'on nous laisse de côté alors qu'on facilitera l'entrée de médecins français.»
-- Dre Lamia Ouamara