La rive naturelle à pente douce, au coin de la 1re Avenue et du boulevard Sainte-Rose, a cédé le pas à un mur de soutènement fait de gros blocs de béton. (Photo: Martin Alarie)
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Un autre muret dans le littoral
Au cours des dernières semaines, un nouveau muret de béton a fait son apparition à la lisière de la berge de la rivière des Mille Îles, à l'angle de la 1re Avenue et du boulevard Sainte-Rose, à Laval-Ouest. «Tout est conforme», affirme-t-on à la Ville. Au Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, on fulmine.
La présence du chantier près de l'eau a été signalée par un citoyen de Laval-Ouest, il y a deux semaines, le 24 août. On était alors à ériger un mur de soutènement, pratiquement dans l'eau.
Selon les informations obtenues, un permis d'aménagement de la rive a été émis par le service de l'environnement de Laval, le 6 août dernier. Les plans d'aménagement ont été confiés à la firme de génie-conseil lavalloise Equiluqs. La firme d'aménagement paysager Métaxus a préparé les plans de végétalisation.
«Tout est conforme», a commenté le porte-parole de la Ville, Marc Laforge.
Exception
Selon M. Laforge, les travaux sont justifiés par la présence d'érosion. Le règlement municipal qui régit les travaux d'aménagement et d'entretien sur les berges spécifie que «tout ouvrage, toute construction et toute modification du couvert végétal sont interdits dans la bande riveraine et dans le littoral» des cours d'eau entourant l'île Jésus.
Des exceptions sont cependant prévues. Les travaux relatifs à la protection contre l'érosion ou à la restauration des rives en font partie.
Les aménagements doivent toutefois respecter certains critères quant au respect de la pente de la berge, à la plantation de végétaux et à la disposition des pierres.
À contre-courant
Conforme ou pas aux règlements et politiques existants, l'autorisation des travaux par la Ville hérisse le directeur du CRE Laval, Guy Garand. La faune et la flore aquatique se trouvent perturbées par de telles constructions, rappelle-t-il.
Mais un effet moins visible de la disparition des rives naturelles agit au moment des crues.
«Quand il va y avoir un coup d'eau, l'eau ne pourra plus aller là, elle va aller ailleurs.» Lors des crues printanières, par exemple, la présence de nombreux murets fait en sorte que l'eau gagne en hauteur, faute de pouvoir s'étaler sur des berges à pente douce.
Plus d'épaisseur d'eau égale plus de courant. Et qui dit courant, dit eau qui ne gèle pas tout à fait, explique M. Garand.
«Là, on est pris avec le frasil; de l'eau qui ne gèle pas vraiment, qui forme des «balles de golf» de glace molle qui collent ensemble. Ça crée des embâcles. Avec un muret comme ça, ajoute-t-il, on va à l'encontre de la logique actuelle. On travaille aujourd'hui à enlever les murets, et nous, à Laval, on donne des permis pour ériger des murets.»
Photo digitale muret
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