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Claude Charlebois à l'ONU

Pour contrer le changement climatique

par Benoit LeBlanc
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Article mis en ligne le 16 septembre 2007 à 17:57
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Claude Charlebois à l'ONU
Le reporter Rolland G. Smith (à gauche) a choisi les photos de Claude Charlebois (à droite) pour illustrer son discours poétique sur le changement climatique, en conférence à l'ONU. (Photo: Martin Alarie)
Claude Charlebois à l'ONU
Pour contrer le changement climatique
Depuis un an et demi, Claude Charlebois parcourt la planète pour en photographier les merveilles naturelles, y intégrant toujours l'être humain. Le photographe lavallois a été invité à présenter les premières photos de ce projet alliant l'art et l'écologie, intitulé Tonal Visions, devant une assemblée de l'Organisation des Nations Unies (ONU).
La 60e conférence annuelle du Département de l'information pour les organisations non gouvernementales, ayant pour thème Le changement climatique: en quoi il nous concerne tous, s'est tenue du 5 au 7 septembre au siège de l'ONU à New York.

Le journaliste et poète américain, Rolland G. Smith, était invité à y prononcer le discours de clôture. En cours de carrière, M. Smith a reçu 25 nominations pour un prix Emmy (prix américains de l'Académie de la télévision et des sciences), qu'il a gagné à 11 reprises. Les photos de Claude Charlebois ont défilé sur écran géant, accompagnant le discours poétique de Smith.
Maturité écologique
Pour Rolland G. Smith, «les faits augmentent notre savoir. L'imagination augmente notre compréhension», et cette compréhension nous amène à une plus grande maturité écologique. Il ne peut y avoir conscience écologique sans transformation personnelle. On prend soin de son corps comme l'on prend soin de l'environnement.
«M. Smith et moi avons été influencés par le même mentor: le poète canadien Kenneth G. Mills. En août dernier, quand Rolland a vu mes dernières photos, il m'a confié que mon travail était en lien direct avec ce qu'il allait dire à l'ONU», raconte Claude Charlebois. Le journaliste américain a retenu 12 des 15 images que le photographe lui a proposées.

Déjà, son passage à l'ONU n'est guère passé inaperçu, puisqu'on sollicite sa participation à de futures conférences en Europe.
Première manifestation
Après un reportage de six pages publié il y a deux ans dans la revue PC Photo, basée à Los Angeles, cette présentation officielle à l'ONU est la première grande sortie du projet Tonal Visions. Cette exposition multimédia de photographies «beaux-arts», liées à la poésie de Kenneth G. Mills, devrait s'articuler dans sa forme finale d'ici 2010 ou… 2017. Le délai dépendra du financement obtenu par le Lavallois. Claude Charlebois prévoit une trentaine de photos en format gigantesque, avec lecture de poèmes en direct.
«Je veux arriver à abandonner ma pratique commerciale pour me consacrer exclusivement à Tonal Visions», affirme celui qui vit de sa caméra depuis 30 ans. Avec le temps, le corpus de Tonal Visions sera appelé à augmenter.
Conscience globale
Par sa démarche actuelle, Claude Charlebois a capté le temps d'un clic les forêts de séquoias et autres merveilles d'Arizona. Il a pris rendez-vous avec le plus vieil organisme vivant sur la planète, un bristleconepine nommé Methuselah (du personnage biblique Mathusalem). Cet arbre approche les quelque 4800 ans, bien campé à la frontière du Névada et de la Californie. Il a croqué le panorama des chutes Wilson, près de Saint-Jérôme. L'artiste a aussi braqué son objectif sur les animaux exotiques du Cinézoo, près de Bromont. Chaque fois, il était escorté d'un mannequin, professionnel ou amateur, homme ou femme, en témoignage de l'harmonie avec la nature qu'il veut démontrer.
«Mon art est axé sur l'évolution de l'individu dans l'environnement, dans un esprit optimiste. La nature fait partie de nous. Elle n'est pas extérieure à l'humain. Je crois ainsi au rôle essentiel de l'art et de l'artiste dans la cause environnementale. Car tout ce qu'on voit vient de l'abstrait, est né d'une pensée. L'artiste est le mieux placé pour nous communiquer cette réalité [tel le changement climatique] et en altérer les débordements.» Claude Charlebois est convaincu depuis toujours: la conscience écologique est parallèle à la conscience spirituelle et artistique.
Kenneth G. Mills
«J'ai beaucoup étudié le potentiel humain. J'admire depuis toujours les êtres passionnés autant par la science que par l'art, le modèle universel et suprême restant Léonard de Vinci. Pour moi, Kenneth G. Mills est le Léonard de Vinci canadien», souffle Claude Charlebois, qui a côtoyé pendant deux ans le poète, peintre et musicien canadien —– il n'y a pas un art que l'Ontarien n'ait pratiqué avec génie —–, avant qu'il ne décède en 2004, dans sa résidence de Toronto. La veille de sa mort, en pleine maladie, Kenneth G. Mills accomplissait encore son destin d'artiste, un vernissage de ses dernières œuvres étant présenté dans une galerie torontoise.
M. Mills a servi de mentor à des acteurs, des artistes, des compositeurs, des journalistes et d'autres personnalités venus de partout dans le monde pour trouver une direction, une motivation supplémentaire à leur existence. Ce qu'en a retenu Claude Charlebois reste son leitmotiv: «Étudie l'univers et assigne une intention à ta vie. Depuis que j'applique cette pensée, en développant Tonal Visions, les portes s'ouvrent à moi.»
La parole et l'image
Pourquoi Tonal Visions? «Simplement parce que la parole et l'image sont les deux plus grands moyens de communication de l'être humain. Il faut aller à la rencontre du monde pour que la sensibilisation à l'environnement prenne expansion.»
Après études et analyses, les climatologues affirment que 11 des 12 dernières années ont été les plus chaudes sur la planète depuis 125 000 ans. Il y a urgence en la demeure. «J'ai la croyance que l'on peut réparer le tort qu'on a fait. J'ai foi en la pensée créatrice de l'humain. Nous avons réglé le problème de la couche d'ozone, il faut maintenant bouger pour régler le changement climatique», conclut le Lavallois de 56 ans.

Le photographe vit à Sainte-Rose depuis 1984. Claude Charlebois invite quiconque s'intéresse vivement au rôle de l'art et des artistes dans les causes environnementales à communiquer avec lui par courriel à prophoto@charlebois.ca, ou sur www.charlebois.ca.



PHOTO DIGITALE ClaudeCharleboisONU

(Photo: Martin Alarie)
«J'ai la croyance que l'on peut réparer le tort qu'on a fait. (…) Nous avons réglé le problème de la couche d'ozone, il faut maintenant bouger pour régler le changement climatique»
– Claude Charlebois

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