(Photo: Martin Alarie)
Concertation pour sortir la malbouffe des écoles
Alors qu'ils viennent d'annoncer l'abolition de la malbouffe dans les écoles du Québec, le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, envoient la balle aux villes pour qu'elles en fassent autant dans les arénas et les centres communautaires.
«Je fais appel à la collaboration de l'Union des municipalités du Québec pour s'associer à cet effort collectif. J'ai espoir que les municipalités répondent présentes », a noté Mme Courchesne, vendredi, lors de la conférence de presse dévoilant la Politique-cadre pour une saine alimentation et un mode de vie physiquement actif.
Présent lors de cette conférence de presse qui se déroulait dans une école de Montréal, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a indiqué son intention de modifier les pratiques dans les concessions alimentaires des édifices municipaux. «À mesure que les contrats viendront à échéance, la Ville établira un guide de nouvelles pratiques. Nous pourrions imposer qu'il n'y ait pas de gras trans», a-t-il précisé.
Présent à titre de représentant de l'Union des municipalités du Québec, Gilles Vaillancourt a confié l'intention de l'organisme de demander au gouvernement de bannir l'utilisation des gras trans. Il a fait remarquer que ce type de gras n'est pas meilleur pour les adultes.
Mobilisation
De l'avis de tous les intervenants politiques, le succès de la politique-cadre passe par la mobilisation de tous. Même si la malbouffe ne sera plus au menu dans les écoles de la province, elle restera en vedette dans bien des restaurants situés à proximité des établissements scolaires.
«Certains élèves vont peut-être préférer manger à l'extérieur, mais pour y aller il faut des sous, c'est donc la responsabilité des parents, rappellent Michelle Courchesne. Le gouvernement ne peut pas faire du contrôle à outrance. Je fais appel aux municipalités pour s'associer à cet effort collectif.»
«Le monde municipal devra mettre en place des mesures pour éviter l'installation de ce type de restaurants», a lancé Jean Charest. Il reste cependant imprécis lorsqu'on lui demande de quelle façon les villes pourront limiter l'implantation de fast food aux abords des écoles.
Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, assure que la municipalité «épaulera le gouvernement à l'intérieur de ses juridictions». Il note toutefois que les villes n'ont pas de pouvoir rétroactif pour ce qui est des restaurants déjà établis.
Interrogé quelques jours avant l'annonce officielle de la politique-cadre, le porte-parole de la Ville de Laval, Marc Laforge émettait un doute: «Ce serait difficile de gérer l'interdiction de fast food dans un certain rayon d'une école. Il y a des limites à ce que l'on peut faire. Il y a différents types de zonage, mais de là à faire de la discrimination entre deux restaurants…» Il craint que les services administratifs d'une ville se retrouvent à devoir trancher entre un restaurant servant des hamburgers et un autre des tacos.
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(Photo: Martin Alarie)