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J’ai serré la main du Diable

par Carl Rodrigue
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Article mis en ligne le 3 octobre 2007 à 14:06
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J’ai serré la main du Diable
Inspiré du livre éponyme du général Roméo Dallaire, J’ai serré la main du Diable dépeint en grande partie le génocide déclenché la nuit du 6 avril 1994 et qui s’est étiré sur une centaine de jours. De retour chez soi, Dallaire se remémore les événements…
«Il sort un couteau, tu sors un fusil. Il envoie un de tes hommes à l’hôpital, tu envoies un des siens à la morgue.», affirmait Jimmy Malone à Elliot Ness dans le film The Untouchables de Brian De Palma. Non pas que la seule réponse possible à la violence soit une surenchère de la violence, mais soyons lucides: on n’arrête pas un génocide en tendant l’autre joue. Or, c’est pourtant ce que l’on demanda à Dallaire de faire en 1994 alors qu’il était sensé maintenir la paix au Rwanda. C’est ainsi qu’un bras attaché dans le dos et l’autre pour ainsi dire amputé – au final, ce sont moins de 300 soldats qui demeureront au Rwanda durant la majeure partie du conflit – le général assista presque impuissant aux tueries.

Voilà pour le livre. Maintenant, est-ce que J’ai serré la main du Diable est un bon film? En un mot, non. C’est une chose de mettre en scène le point de vue du général Dallaire, c’en est une autre de mettre Roy Dupuis – tout de même à la hauteur de son personnage – dans tous les plans ou presque du film. Comme si tous les personnages secondaires ne prenaient vie qu’à son contact. Et bien qu’ayant été filmé sur les lieux mêmes des atrocités, on ne croit pas vraiment à cette reconstitution… Hormis peut-être quelques scènes tournées à l’épaule. Le film est certes plein de bonnes intentions, mais Roger Spottiswoode n’est pas Steven Spielberg et J’ai serré la main du Diable n’arrive pas à la cheville de Schindler’s List, ni même de Un dimanche à Kigali.

Reste que cette histoire doit être racontée. Et si vous n’avez ni lu le livre, ni vu les reportages ou parcouru les nombreux sites traitant du conflit, ce film peut être une alternative à considérer. Sinon, il est préférable de s’en passer…
Shake Hands With The Devil – Canada, 2007 – de Roger Spottiswoode avec Roy Dupuis et Deborah Kara Unger. (113 minutes) 6/10
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