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Commission Johnson - La révolution des ponts

La Commission Johnson formule 17 recommandations

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 18 octobre 2007 à 16:50
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Commission Johnson - La révolution des ponts
Commission Johnson - La révolution des ponts
La Commission Johnson formule 17 recommandations
Codes, normes, cadre juridique, gestion, imputabilité: tout doit être revu. Si la Commission d’enquête sur le viaduc de la Concorde a déjà provoqué des actions concrètes au ministère des Transports, le rapport qu’elle a rendu public aujourd’hui recèle assez d’éléments pour déboucher sur une véritable révolution.
Au-delà des blâmes, les membres de la Commission présidée par Pierre Marc Johnson propose un tout nouveau canevas de base sur lequel viendrait s’étayer la conception, la construction et la gestion des ponts aux Québec.

Les recommandations, basées sur 25 000 heures de travail et autant de pages de documents constituant la preuve, visent spécifiquement les ponts et viaducs québécois.
500 M$ annuellement
Parmi les recommendations formulées par Commission Johnson figure la création d’un programme national de remise en état des ponts. Lors de son allocution en après-midi, devant une horde de caméras, Pierre Marc Johnson a souligné avec fermeté que ce programme doit être une priorité nationale.
Depuis 20 ans, dit-il, le gouvernement n’a consacré «que des miettes» en guise d’investissements dans l’ensemble des ouvrages d’art québécois.

Afin de remettre le parc québécois de structures en état, 500 M$ seront requis par année pendant au moins 10 ans, a précisé M. Johnson. «Le financement doit être stable, prévisible, avec un budget protégé, a-t-il ajouté. Ça veut dire que la classe politique doit s’entendre sur 500 M$ par an pour les ponts seulement et voir à ce que cet argent ne soit pas diverti vers les routes.»

La Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec, présidée par le maire Gilles Vaillancourt, estime quant à elle à 1,25 milliards de dollars par année, pendant 15 ans, l’investissement annuel requis pour la mise à niveau de l’ensemble des infrastructures de génie des municipalités (routes, autoroutes, ponts, installations de drainage et d’assainissement des eaux). Ceci ne tient pas compte des infrastructures provinciales.

Selon les données de 2005 de Transport Québec, 46,4% des 2285 ponts sous la responsabilité exclusive du gouvernement provincial étaient déficients. Cette proportion atteint 49% pour les 2156 ouvrages du réseau routier municipal des villes de moins de 100 000 habitants.

Une structure est jugée en mauvais état si une intervention d’entretien importante est requise sur un horizon de cinq ans. À titre de comparaison, seulement 11% des ponts sont jugés déficients au New Jersey, 12% dans l’état de New York et 25% en Pennsylvanie.

La révision des codes, des normes et des manuels (notamment ceux utilisés par Transport Québec), le resserrement du cadre juridique relié à la conception et la construction des ouvrages et les améliorations à apporter à la gestion au sein du ministère des Transports sont également sur la liste des actions à prendre, selon les commissaires.
Les ponts municipaux
Comme l’avait signalé l’ancien ministre des Transports Denis de Belleval, lors de son témoignage devant la commission, en août, une clarification de l’imputabilité pour les ponts municipaux doit avoir lieu. Les ouvrages ciblés sont ceux appartenant à des municipalités de moins de 100 000 habitants.
Le ministre des Transports devrait reprendre la propriété de ces villes «qui n’ont pas et n’auront jamais les ressources nécessaires pour gérer pareilles structures», peut-on lire dans le rapport.

La Commission n’a pas étudié la situation des structures sous la juridiction des municipalités de plus de 100 000 habitants, comme Laval. Ville de Laval est propriétaire d’une soixantaine de structures, qu’elle gère elle-même. Le MTQ met à sa disposition des manuels d’inspection et lui offre une assistance technique.

La Commission ne formule aucune recommandation concernant ces municipalités, «à l’exception de la nécessité pour elles de constituer et de mantenir des dossiers complets sur les ouvrages dont elles ont la charge».

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