Pierre Marc Johnson a laissé paraître son exaspération au sujet du «travail extraordinairement mal fait» du poseur d'armatures, dont on a jamais retrouvé la trace.
(Photo: Jacques Pharand)
Laval n'est pas blâmée
La tragédie du viaduc attribuable à un ensemble de causes
Ville de Laval ne figure pas parmi la liste des personnes ou organismes blâmés par la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, présidée par Pierre Marc Johnson, qui a été particulièrement cinglant envers le ministère des Transports du Québec.
Au cours des audiences publiques qui se sont échelonnées sur près de quatre mois, Laval a bien essuyé un reproche de la part d'un ingénieur du gouvernement. La Ville, disait ce dernier, fait preuve de laisser-aller quant à l'entretien des structures à juridiction partagée avec Transport Québec.
Elle a également été sermonnée par le président de la Commission pour n'avoir pas cherché à régler un problème de drainage que trahissait une flaque d'eau permanente au-dessus du joint de dilatation, dans la région de la rupture. Laval sort toutefois indemne à la lecture du rapport.
La flaque
La présence de cette fameuse flaque est notée dans le rapport final de la Commission, qui fait par ailleurs état d'un problème de drainage structural. «Le drainage du tablier du viaduc de la Concorde n'est pas conforme aux règles de bonne pratique actuelles, peut-on y lire. Le pont est trop plat et ne possède aucun drain.» À l'époque de la construction du viaduc, aucune norme n'existait quant au drainage.
En vertu du partage des responsabilités pour un pont comme celui qui s'est écroulé, la municipalité doit voir à l'entretien de surface, dont le drainage. Est-ce que le problème aurait pu être réglé pendant la vie utile du pont? «C'est moins facile avec un pont existant, explique un expert de la Commission. Il aurait fallu installer un drain. Ça aurait été mieux, mais ça n'aurait pas empêché l'effondrement.»
Les trois causes
Les experts consultés par la Commission Johnson s'entendent sur trois principales causes de la tragédie. Ils pointent du doigt le détail de l'armature, notée de façon confuse sur le plan et l'installation inappropriée de celle-ci. À cet égard, le président Pierre Marc Johnson a laissé paraître son exaspération aujourd'hui devant les médias, face à ce qu'il a qualifié de «travail extraordinairement mal fait» et «d'incurie inouïe».
L'utilisation d'un béton de piètre qualité est un autre élément ayant contribué directement à l'effondrement partiel du pont d'étagement lavallois, concluent les commissaires.
Les blâmes
Si les concepteurs de Desjardins, Sauriol et Associés (DSA), qui ont respecté le code des ponts routiers de l'époque, ne sont pas blâmés, la firme de génie-conseil l'est tout de même, pour avoir failli à ses obligations légales et contractuelles.
DSA avait la responsabilité «d'assurer une surveillance complète des travaux», ce qu'elle n'a pas fait, notamment lors de la pose des tiges d'armature, font valoir les membres de la Commission. L'ingénieur à la retraite Marcel Dubois, 73 ans, responsable du chantier du viaduc, est personnellement montré du doigt.
Par ailleurs, avec le ministère des Transports (MTQ), DSA partageait la responsabilité quant au choix d'un béton inapproprié pour le type de structure qui surplombait l'A-19.
DSA ne prend pas tout le blâme. L'entrepreneur Inter State Paving (ISP) partage la faute avec elle pour n'avoir pas livré un ouvrage construit conformément aux plans et devis, estime la Commission. Enfin, la firme Acier d'armature de Montréal (AAM) et son président, sous-contractant de ISP, récolte également une réprimande.
Causes secondaires
La vulnérabilité à une rupture brusque (en cisaillement), l'absence d'une membrane imperméable sur la surface de la dalle et l'affaiblissement de la structure lors d'une réparation en 1992 sont cités comme des facteurs ayant contribué à la chute d'une partie du tablier du viaduc.
Les trois commissaires blâment l'ingénieur Tiona Sanogo, responsable des travaux de 1992, pour sa mauvaise gestion des travaux. Un second ingénieur du MTQ essuie un reproche: Christian Mercier, de la Direction des structures (DS), appelé en renfort par la direction régionale suite à une inspection du viaduc, en 2004.
«La Commission, tout en déplorant le manque de rigueur de M. Mercier dans la conduite de l'inspection en 2004, blâme surtout le MTQ», peut-on lire cependant dans le rapport de 200 pages.
La liste des récriminations contre le MTQ est longue. Le Ministère n'a jamais pris en compte la nature particulière du viaduc de la Concorde (son design en porte-à-faux, sans pile centrale), a manqué de rigueur dans la tenue des dossiers, a toléré le non-respect des ses manuels d'inspection et a toléré l'ambiguïté entre ingénieurs et entre unités administratives, note la Commission.
martin hogue
Commentaire mis en ligne le 19 octobre 2007la ville n'est pas a blamer ...???...mon oeil..!!
regardez depuis combien de temps le viaduc du boul.labelle qui surplombe la 15 est délabré!!...voyons donc la ville nous prend pour des caves..!!,..