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Toute une logistique pour les écoles et les CPE

Allergies alimentaires

par Geneviève Fortin
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Article mis en ligne le 21 octobre 2007 à 8:09
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Toute une logistique pour les écoles et les CPE
Toute une logistique pour les écoles et les CPE
Allergies alimentaires
Depuis quelques années, les CPE et les écoles doivent composer avec une nouvelle réalité: la recrudescence d'allergies alimentaires chez les enfants.
«Le phénomène est incroyablement grandissant, constate Mario Boucher, président du Regroupement des CPE de Laval. Il y a 30 ans, on ne parlait pas des allergies alimentaires; il y a 20 ans, on en parlait un peu; il y a 10 ans, on en parlait plus sérieusement et en 2007, le problème est très présent.»

M. Boucher ajoute que non seulement les cas d'allergies sont de plus en plus nombreux, mais il est aussi plus fréquent qu'un enfant présente des allergies multiples.

Chantal de Montigny, diététiste de l'Association québécoise des allergies alimentaires (AQAA), rapporte que le taux de prévalence de l'allergie à l'arachide a augmenté au cours des dernières décennies. Il était auparavant de moins de 1 % alors que les dernières études montrent qu'il tourne autour de 1,5% chez les enfants d'âge scolaire.

Au moment de prévoir les menus et de préparer les repas, les responsables de l'alimentation des CPE doivent prendre en compte les restrictions de tous les enfants. Certaines recettes sont modifiées pour que les bambins allergiques ou intolérants aux œufs, au lait, aux arachides ou au blé puissent manger le même menu que leurs copains.

Les responsables de CPE ont davantage d'allergies alimentaires à gérer que les écoles parce que plusieurs d'entre elles disparaissent avant l'entrée au préscolaire. «Dans 80% des cas, les allergies au lait, au soya, aux œufs et au blé passent avant l'âge de 5 ou 7 ans, explique Chantal de Montigny. Dans le cas des arachides, des noix, des poissons et des fruits de mer, les allergies disparaissent dans seulement 20% des cas. Il y a davantage de chance que l'allergie parte lorsqu'il s'agit d'un enfant. Chez les adultes les allergies sont plus persistantes.»
À table
Véronique Fedelle, directrice de la deuxième installation du CPE La Marmaille, souligne que les responsables des CPE ne doivent pas seulement tenir compte de la composition des repas, mais également de l'environnement dans lequel ils seront pris.
«Dans le groupe des poupons, s'il y a un cas d'allergie mortelle aux œufs, il n'y aura pas d'œufs dans la nourriture», dit-elle en expliquant que les bébés mangent dans leur local qu'ils arpentent par la suite à quatre pattes. On évite ainsi qu'il y ait des traces d'œufs sur le sol, ce qui pourrait être dangereux pour un enfant allergique.

Comme les allergies de certains enfants nécessitent un encadrement plus strict, la directrice a choisi d'ajouter une éducatrice au moment des repas. Elle rapporte que dans les groupes réunissant des enfants de 2 à 5 ans, il est plus facile de gérer les allergies puisqu'on peut demander aux plus grands de faire attention. Lorsqu'il y a présence d'allergène dans le repas du groupe, un enfant très allergique sera placé sur une table à part dans le prolongement de la table principale. Les responsables veulent ainsi éviter qu'un accident gâche l'assiette de l'enfant.

La même mesure préventive est prise dans les écoles. Au moment du dîner, un enfant très allergique mange sur une table à part.

Mère d'un enfant allergique aux œufs, aux substances laitières, aux noix, aux arachides, aux poissons et aux fruits de mer, Josée Dufour est d'accord avec cette mesure, à condition que son fils ne se sente pas exclu. Les éclaboussures d'un verre de lait renversé pourraient ruiner le sandwich de son fils.

Même si son association prône la plus grande intégration possible, Chantal de Montigny de l'AQAA observe que la «table sans allergène» est la meilleure solution dans le contexte d'un service des dîneurs où le personnel restreint a un grand nombre d'enfants à surveiller.

La majorité des allergies étant liées aux arachides, les directions d'écoles demandent généralement à ce qu'il n'y en ait pas dans les lunchs des enfants. Les restrictions alimentaires données aux parents en début d'année varient selon les allergies des enfants inscrits.
Formation et photo
Avant la rentrée des classes, les parents doivent remplir une fiche afin d'indiquer à l'école les problèmes de santé de leur enfant. L'infirmière de l'école fait par la suite l'inventaire de ces fiches. Les enseignants et le personnel du service de garde sont informés des enfants ayant des allergies ou autres problèmes de santé. La photo et l'EpiPen des enfants allergiques sont consignés dans un cartable dans le local du personnel.
Isabelle Marin, directrice de l'école primaire Le Sentier, indique que tout le personnel de l'école reçoit une formation sur les allergies afin d'être en mesure d'en reconnaître les symptômes et pouvoir utiliser l'ÉpiPen, en cas d'urgence.

Le taux de roulement du personnel au sein des services de garde étant élevé, Chantal de Montigny insiste sur l'importance de la formation. Elle ajoute que les nouveaux employés doivent prendre connaissance des fiches et des photos des enfants allergiques.

Maxime Mongeon, directeur de l'école primaire Le Baluchon, souligne que les ÉpiPen ne sont presque jamais utilisés. «Pour savoir qu'ils sont allergiques, il a fallu que ces enfants fassent une réaction, or ils n'ont pas envie d'être malades de nouveau, ils sont donc très prudents et responsables», constate-t-il.

Mme Marin admet que les parents sont particulièrement inquiets au moment où leur aîné entre à la maternelle. «Nous les rencontrons en mai et l'infirmière les sécurise», dit-elle.

Auparavant enseignante au secondaire, la directrice de l'école Le Sentier constate que la prudence est ancrée dans les habitudes des adolescents. «Ils s'assurent de ne pas manger quelque chose qui leur est interdit.»
>Allergie alimentaire
250 000 Québécois en souffrent

6 % à 8 % des enfants en souffrent

3 % des adolescents en souffrent

Neuf types d'aliments sont responsables de 90 % des réactions allergiques

L'arachide (33 %) et les noix (31 %) sont la cause de 94 % des réactions anaphylactiques mortelles chez les 2 à 33 ans.
>Qu'est-ce qu'une réaction anaphylactique?
Réaction allergique rapide et généralisée, souvent imprévisible, qui peut conduire au décès en quelques minutes en l'absence de traitement. Symptômes: serrement de la gorge, difficulté à avaler, crampes abdominales, nausées, vomissements, toux, difficulté à respirer, disparition ou modification de la voix, chute de la pression artérielle (choc anaphylactique), perte de conscience.

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