À Laval, le Taser n'est utilisé que par le Groupe d'intervention, dirigé par le lieutenant Yves Brassard (photo), ainsi qu'au quartier de détention.
(Photo: Martin Alarie)
«Le Taser sauve des vies»
Laval est l'un des neuf corps de police de la province à utiliser le pistolet à décharge électrique.
Malgré les récents questionnements émis à l'endroit du pistolet paralysant Taser, le département de police de Laval, l'un des neuf corps policiers du Québec à utiliser ce dispositif, considère qu'il a toujours sa place chez les forces policières.
«Nous ne remettons aucunement en question l'utilisation du Taser. Nous continuons à croire qu'il représente un dispositif qui peut sauver des vies et que rien ne prouve qu'il a déjà causé la mort directe de qui que ce soit au pays», estime l'enquêteur Serge Mongeau, de la police de Laval.
En début de semaine, Québec annonçait qu'aucun moratoire sur l'utilisation du Taser ne serait imposé et ce, malgré trois morts en un mois au pays.
À Laval, où le Groupe d'intervention (GI) (depuis 2004) et le quartier de détention (depuis 2006) sont les seuls à utiliser ce dispositif, on ne voit pas en quoi un moratoire aurait pu être avantageux pour qui que ce soit.
«Les groupes qui demandent un moratoire font probablement preuve d'incompréhension, estime Serge Mongeau. Avec les récents événements, il y a eu beaucoup de jugement non-fondés à propos du Taser, mais on doit se rappeler que les études ont prouvé qu'il ne peut pas causer la mort.»
Rare
«C'est très rare que nous sommes appelés à l'utiliser, relate quant à lui le lieutenant Yves Brassard, qui est à la tête du GI lavallois composé de 13 policiers. Lorsque nous faisons face à une longue résistance agressive, ce genre d'arme intermédiaire peut éviter des blessures inutiles à des policiers ainsi qu'au suspect.»
«Il faut aussi comprendre que nos policiers qui sont autorisés à utiliser le Taser ont suivi une longue formation, et que plusieurs paramètres sont à prendre en considération avant de l'utiliser, poursuit-il. Ils l'ont aussi tous testé sur eux même, alors ils savent à quoi ils ont affaire.»
Lors d'une intervention, les policiers doivent notamment éviter d'utiliser le Taser sur certains types de personnes, dont les femmes enceintes, les enfants, les personnes âgées et celles présentant des signes de délirium agité.
À Laval, le GI effectue annuellement entre 180 et 200 sorties. Et selon les statistiques compilées par le Département de police de Laval, depuis le début de l'année 2007, le Taser n'a été utilisé qu'à trois reprises.
«À chaque fois, le suspect obtient une assistance médicale et le policier doit remplir un formulaire décrivant l'intervention. Depuis 2004, nous n'avons jamais vécu de complications», explique Serge Mongeau.
Rappelons qu'un sous-comité a été mandaté par le gouvernement du Québec afin d'émettre des recommandations pour mieux encadrer l'utilisation du Taser par les forces policières.
(Photo: Martin Alarie)