La Capture
Rose a vingt ans. Si aujourd’hui elle échappe au mauvais traitement imposé par son père, ce n’est pas le cas de sa mère et de son frère. Elle décide donc de prendre les choses en main et, grâce à une poignée de complices, elle va séquestrer son père dans le but de le réhabiliter.
Ça débute avec un plan sombre. Puis, bien vite, on distingue de la lumière au bout d’un tunnel. Plan symbolique illustrant l’épreuve que viennent de traverser les personnages principaux : celle d’avoir vécu de pénibles années sous le règne paternel d’un batteur de femme et d’enfants. Mais la lumière est là. L’épreuve est terminée et ils peuvent désormais espérer oublier.
On pourrait pardonner cette symbolique, du reste pas trop subtile, si nous n’étions pas constamment submergés par des métaphores semblables tout au long de la projection. Le film évoque en effet une pléiade de navets québécois sortis sur nos écrans il y a 20 ou 25 ans, durant la période communément appelée aujourd’hui la déprime post-référendaire. Depuis ce temps, le cinéma québécois a considérablement changé. Il est navrant de constater que Carole Laure n’en fût pas mise au courant. C’est d’autant plus regrettable que le scénario eût bien davantage à offrir. Au rayon de la distribution, seule Pascale Bussière s’en tire honorablement, et ce, même s’il s’agit d’une Pascale Bussière sous barbituriques.
Bref, tout ça se termine par un second plan sombre. Celui d’une poignée de spectateurs remontant les allées de la salle de cinéma juste après que l’écran se soit éteint. Ils viennent à leur tour de subir une épreuve : celle d’avoir vécu de pénibles minutes lors de la projection de ce film. Heureusement, pour eux aussi il y a une lumière au bout du couloir. Et à leur sortie de la salle, ils pourront à leur tour espérer oublier…
La Capture – Québec, 2007 – de Carole Laure avec Catherine de Léan et Pascale Bussière. (95 minutes) 4/10
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