Sylvio Vendramelli ne bénéficie plus de séances de physiothérapie depuis le 19 octobre.
(Photo: Martin Alarie)
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Des centaines de dossiers fermés
Plusieurs travailleurs accidentés de Laval perdent leur physiothérapeute
Depuis le 19 octobre, une vingtaine de cliniques de physiothérapie de Laval membres de la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec (FPPPQ) ont cessé tout service à la CSST et ont fermé leurs dossiers, forçant ainsi 419 patients à se trouver une alternative.
«Ça n'a pas de sens. Ce sont toujours les patients qui paient pour les moyens de pression dans le domaine de la santé. Ceux déjà en place auraient dû avoir le droit de poursuivre leurs traitements. Je comprends les revendications des physiothérapeutes, mais je ne suis pas d'accord avec leurs moyens de pression.»
Ces paroles sont celles de Sylvio Vendramelli, en arrêt de travail depuis le 12 novembre 2005, jour où il s'est déchiré des muscles de l'épaule droite dans le cadre de son travail.
Bénéficiant des indemnisations de la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST), le Lavallois ne peut plus recevoir les traitements de physiothérapie nécessaires depuis le 19 octobre, date à laquelle la majorité des cliniques membres de la Fédération des physiothérapeutes en pratique privée du Québec (FPPPQ) ont cessé tout service à la CSST.
Les cliniques en moyens de pression n'acceptent plus de nouveau patients référés par la CSST, et réfèrent ceux déjà traités vers les hôpitaux.
«Ça fait 14 ans que nos membres n'ont pas obtenu d'augmentation de leurs tarifs, explique Marco Raffis, propriétaire d'une clinique de Laval. Il y a tout un travail de rattrapage à faire.»
À Laval, la vingtaine de cliniques membres de la FPPPQ qui ont entrepris des moyens de pression ont entraîné la fermeture de 419 dossiers de travailleurs accidentés. Et selon M. Raffis, 80 % d'entre eux n'ont pas trouvé de place ailleurs.
La FPPPQ a d'ailleurs averti la CSST ainsi que le ministre du Travail, David Whissell, que les cliniques ne reprendront leurs services à la CSST qu'à certaines conditions.
La Fédération exige notamment la désignation par le ministre d'un arbitre pour superviser les négociations, la garantie écrite du dépôt d'ici le 15 novembre d'un amendement à la Loi sur les accidents de travail et les maladies professionnelles, ainsi que l'indexation annuelle de la rémunération de base par traitement des services de physiothérapie et d'ergothérapie en fonction de l'inflation.
Jouer avec la santé
Louise Brisebois, qui bénéficiait des services d'une clinique privée de Sainte-Dorothée, n'a pas digéré qu'on lui demande de se trouver une autre clinique.
«Ça m'a pris deux semaines à me trouver un autre physiothérapeute, et ça a été suffisant pour empirer ma blessure au genou, affirme-t-elle. Je croyais être en mesure de retourner travailler dans environ trois semaines, mais, avec cet arrêt de physiothérapie, je ne crois pas être en mesure de retourner au travail avant trois mois. J'ai vraiment l'impression qu'on joue avec ma santé.»
«Nous sommes conscients des inconvénients pour les patients, mais nous avons été acculés au pied du mur, explique Marco Raffis. Malheureusement, c'est là que nous sommes rendus. Nous le faisons pour obtenir une meilleure qualité de soins pour nos patients.»
Du côté de la CSST, on rappelle qu'un règlement prévoyant une augmentation du tarif versé aux physiothérapeutes, qui le fait passer de 32 à 35 $, a déjà été déposé. La Commission affirme que ce tarif correspond à celui remboursé au secteur public et qu'il s'agit de l'un des plus élevés au Canada, affirmation que conteste la Fédération.
Selon la FPPPQ, même avec la hausse de 32 à 35 $, le coût de prestation du traitement est actuellement de 48 $.
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(Photo: Martin Alarie)
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(Photo: Jacques Pharand)