Éva Leblond et Marie-Ève Surprenant de la Table de concertation en condition féminine.
(Photo: Martin Alarie)
L’égalité avant tout
Mémoire de la Table de concertation en condition féminine
Deux représentantes de la Table de concertation de Laval en condition féminine ont demandé à ce que les accommodements pour les communautés culturelles ne se fassent jamais au détriment de l’égalité entre les hommes et les femmes.
«La réelle égalité n’est pas encore atteinte. Il y a encore de la discrimination et les acquis sont fragiles», a souligné Éva Leblond, lors de la deuxième journée d’audience, à Laval, de la Commission Bouchard-Taylor.
Marie-Ève Surprenant craint les accommodements qui se font de façon privée, suite à des requêtes individuelles. Elle estime que le gouvernement doit offrir un cadre pour guider les institutions publiques dans leurs prises de décisions.
Alors que la jeune femme disait préférer que les accommodements soient autorisés par la cour, Gérard Bouchard lui a fait remarquer que les juges se sentent parfois bien mal outillés pour juger ces causes qui touchent le quotidien. «Les juges, comme les citoyens, vont baser leur décision sur la Charte. On peut parfois penser que les gens sur le terrain sont les plus compétents», a-t-il souligné en se référant au documentaire de Karina Goma qui sera déposé en fin de journée.
En entrevue, Marie-Ève Surprenant constate que la question de l’égalité entre les hommes et les femmes est revenue dans l’actualité. Elle constate cependant que peu de moyens concrets ont été avancés.
Voile
Depuis le début des audiences de la Commission à Laval, on pourrait croire que la burka est monnaie courante au Québec. Les témoins ont été nombreux a dénoncé le port du voile et de la burka. Plusieurs musulmans qui se sont présentés devant les commissaires ont quant à eux répété que leur religion n’impose pas le port du voile et qu’il s’agit d’une décision individuelle.
Pour leur part, les représentantes de la Table de concertation en condition féminine ont choisi de ne pas aborder cette question. «Nous ne nous sommes pas prononcées sur le port du voile parce que nous n’avons pas de consensus chez nos membres», indique Marie-Ève Surprenant.
Selon Mme Surprenant, plus on pointe du doigt les femmes qui portent le voile, plus celles-ci se sentent incomprises. «Certaines vont porter le voile par repère identitaire», rapporte-t-elle.
«Je ne pense pas que c’est en défendant le port du voile qu’on va aider leur intégration», note Éva Leblond.
La Commission, coprésidée par le sociologue et historien Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor, a pour mission de dresser un portrait des pratiques d’accommodement et d’effectuer une analyse des enjeux en cause en menant une consultation publique dans l’ensemble du Québec. Le rapport et les recommandations de la Commission devraient être remis au premier ministre du Québec le 31 mars 2008.
(Photo: Martin Alarie)