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Consultation sur les accommodements raisonnables ou sur le port du voile ?

Le débat sur le foulard islamique était très présent à la Commission Bouchard-Taylor

Geneviève Fortin par Geneviève Fortin
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Article mis en ligne le 16 novembre 2007 à 15:16
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Consultation sur les accommodements raisonnables ou sur le port du voile ?
Les commissaires estiment qu'une grande majorité des opinions exprimées démontraient une grande ouverture vis-à-vis de l'immigration. (Photo: Martin Alarie)
Consultation sur les accommodements raisonnables ou sur le port du voile ?
Le débat sur le foulard islamique était très présent à la Commission Bouchard-Taylor
Même si certains témoignages étaient intéressants, on ne peut pas dire que la Commission Bouchard-Taylor a permis de tracer le portrait multiculturel de Laval.
Au terme des trois jours d’audience tenus à Laval cette semaine, on constate que les communautés culturelles qui sont les plus présentes sur l’île Jésus n’ont pas participé à cette grande consultation publique. La majorité des mémoires et des témoignages livrés par des membres de communautés culturelles l’ont été par des musulmans.

Le débat entourant le port du voile islamique a été très présent durant les audiences. Plusieurs Québécois de souche ont fait connaître leur malaise face à ce signe religieux ostentatoire, surtout s’il est porté par une représentante d’une institution publique. Plusieurs musulmans qui se sont présentés devant les commissaires ont quant à eux répété que leur religion n’impose pas le port du voile et qu’il s’agit d’une décision individuelle.

Pour leur part, les représentantes de la Table de concertation de Laval en condition féminine ont choisi de ne pas aborder cette question. «Nous ne nous sommes pas prononcées sur le port du voile parce que nous n’avons pas de consensus chez nos membres», indique Marie-Ève Surprenant, coordonnatrice de la Table.

Selon Mme Surprenant, plus on montre du doigt les femmes qui portent le voile, plus celles-ci se sentent incomprises. «Certaines vont porter le voile par repère identitaire», rapporte-t-elle.

«Je ne pense pas que c’est en défendant le port du voile qu’on va aider leur intégration», note Éva Leblond, aussi de la Table de concertation.

Le mémoire déposée par les deux jeunes femmes insistait sur l’importance de l’égalité entre les hommes et les femmes. Pour Mmes Leblond et Surprenant, un accommodement ne devrait pas aller à l’encontre de ce principe. Marie-Ève Surprenant estime que le gouvernement doit offrir un cadre pour guider les institutions publiques dans leurs prises de décisions.
Un mois pour le ramadan
Pierre Dumais, président du Regroupement des gestionnaires en ressources humaines de Laval, a demandé aux commissaires des outils pour aider les gestionnaires dans leur pratique d'accommodement raisonnable. Il a fait remarquer que les membres de son regroupement sont habitués à faire face à des demandes d'accommodement, que ce soit pour les femmes enceintes ou les travailleurs qui ont eu un accident de travail. Il constate cependant que les accommodements liés à des questions religieuses sont plus délicats.
«On se fait dire par des employeurs: ''N'engage pas des travailleurs de telles communautés parce qu'ils vont nous demander des accommodements''. Il faut être convaincant, leur rappeler que le taux de chômage est bas», a déclaré M. Dumais.

En plus d'être mieux outillé, le président du Regroupement voudrait que ses membres puissent avoir accès à des conseillers juridiques de la Commission des droits de la personne lorsque vient le temps de prendre une décision.

Il rapporte la demande d'un travailleur musulman qui a demandé un mois de congé pour le ramadan. «La demande a été jugée excessive parce qu'il s'agissait d'une période de pointe au niveau de la production de l'entreprise», a-t-il dit.

En entrevue après son témoignage, M. Dumais a relaté un autre incident. «Deux employés ont quitté la ligne de production un vendredi après-midi, pour aller à la mosquée. L'employeur m'a demandé ce qu'on fait. Il craignait de prendre des sanctions. Je lui ai demandé ce qu'il aurait fait si des employés québécois avaient fait la même chose. Il m'a dit: ''J'aurais pris des mesures disciplinaires''. C'est ce qui a été fait», conclut Pierre Dumais.
Bilan
À la fin des témoignages, jeudi, les deux commissaires ont dressé un premier bilan de leur tournée du Québec. Ils estiment qu'une «grande majorité des opinions exprimées dans chaque milieu démontraient une grande ouverture vis-à-vis de l'immigration».
La Commission, coprésidée par le sociologue et historien Gérard Bouchard et le philosophe Charles Taylor, a pour mission de dresser un portrait des pratiques d’accommodement et d’effectuer une analyse des enjeux en cause en menant une consultation publique dans l’ensemble du Québec. Le rapport et les recommandations de la Commission devraient être remis au premier ministre du Québec le 31 mars 2008.

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