L'amoncellement de détritus a détruit deux milieux humides. Seuls les roseaux et les quenouilles attestent encore la présence passée de ces zones. (Photo: Martin Alarie)
Une décennie dans l'illégalité
Le dépotoir Gagné «sera entièrement nettoyé dans les prochains mois» a répondu Gilles Vaillancourt à un citoyen l'interrogeant au sujet du dépotoir Gagné, lors de la dernière assemblée du conseil de ville. Si le maire dit vrai, la saga Gagné s'achève, après une décennie d'activités illégales.
«On est tannés!» lance la propriétaire, jointe par téléphone à son domicile mercredi. La Ville n'a jamais donné les autorisations, dit Carolle Gagné. «C'est eux qui nous ont mis des bâtons dans les roues», dénonce-t-elle.
Le zonage municipal ne permet pas l'exploitation d'un site de tri de matériaux secs à cet endroit, explique-t-on à l'Hôtel de Ville. Idem pour les lots voisins, où la firme Excavations et service sanitaire Yves Gagné inc., présidée par Mme Gagné, a également accumulé des matériaux secs à partir de 1999, sans permis de la Ville et sans l'autorisation du ministère de l'Environnement.
Quant à l'accroissement des matériaux sur le site, au cours des derniers mois, la Ville «spécule», selon Mme Gagné. La propriétaire n'a plus accès depuis mai à son terrain, qui fait l'objet d'une surveillance par caméra, dit-elle. «On surveille le site pour être sûr qu'il n'y a pas de nouvelle entrée de matériaux», explique le porte-parole de Ville de Laval.
Alors que les résidents des immeubles voisins ont également des raisons d'en avoir assez de leur vue sur le dépotoir, Mme Gagné s'insurge contre la municipalité, qui l'a empêchée, dit-elle, de réaliser un projet de recyclage des matériaux récupérés -- carton, bois, plastique, métaux. L'entreprise aurait embauché, à cette fin, des jeunes du Centre Jeunesse Laval. Une information qu'il a été impossible de confirmer.
«On donnait une deuxième vie aux matériaux, note Carolle Gagné. Maintenant, c'est envoyé directement à l'enfouissement. Là, on contamine!»
> La saga du dépotoir Gagné
1999: première plainte du CRE Laval au ministère de l'Environnement
Novembre 2005: entente interlocutoire entre Laval et le propriétaire du site
Août 2006: constat d'infraction émis par le ministère
Décembre 2006: injonction interlocutoire ordonnant au propriétaire de nettoyer le site
Octobre 2007: 13 000$ d'amendes à Excavations et service sanitaire Yves Gagné et ses compagnies sœurs, pour outrage au tribunal
Décembre 2007: comparution au palais de justice, relativement à l'infraction d'août 2006
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