Alexandre Béland est l'un des quatre étudiants qui tournaient la scène de hold-up qui a alerté les policiers.
(Photo: Martin Alarie)
Un tournage d'étudiants sème tout un émoi
Des étudiants du Cégep Ahunstic qui tournaient une scène de hold-up dans un dépanneur de Laval ne s'attendaient certainement pas à terminer leur soirée menottes aux poignets.
Vers 1h du matin, dans la nuit de dimanche à lundi, un homme de Laval-des-Rapides a contacté les policiers de Laval, après avoir aperçu, disait-il, des voleurs cagoulés qui malmenaient une personne à l'intérieur d'un dépanneur situé au 61, rue Labelle.
Plusieurs véhicules de police se sont alors rendus sur les lieux, et les policiers ont vite constaté que des personnes suspectes étaient effectivement à l'intérieur du commerce.
«Nous en avons aperçu une qui portait une cagoule et qui pointait une arme à feu sur la tête d'une autre qui était à genou, relate Nathalie Lorrain, porte-parole de la police de Laval. Nous prenons rarement ce genre de situation à la légère.»
Tournage
Après avoir installé un périmètre de sécurité, les policiers ont fait comprendre aux «suspects» que l'immeuble était cerné, et qu'ils devaient sortir de l'immeuble, les mains derrière la tête.
Lorsque l'un d'entre eux est sorti du dépanneur et qu'il a été mis en état d'arrestation, il a expliqué aux policiers qu'ils étaient en fait un groupe d'étudiants du collège Ahunstic, en plein tournage d'une scène de hold-up.
Cette explication s'est ensuite confirmée lorsque les policiers ont trouvé les équipements de tournage, à l'intérieur du dépanneur.
«On avait pris la peine de mettre une affiche dans la vitrine et d'installer les caméras pour qu'elles soient à la vue des passants, mais ça n'a visiblement pas été suffisant», raconte Alexandre Béland, l'un des étudiants impliqués dans l'incident, et qui est également un employé du dépanneur où se sont déroulés les faits.
«Même si on avait averti les policiers de notre tournage, ils seraient quand même venus si quelqu'un les avait appelés pour un hold-up. Je vois mal ce qu'on aurait pu faire de plus pour éviter cet événement. J'ai aussi trouvé déplorable que les policiers ne prennent même pas la peine de vérifier si j'étais vraiment un employé, et d'avertir les propriétaires du dépanneur, qui ont appris l'événement via les médias, lundi matin», ajoute-t-il.
La propriétaire, Christiane Draws, affirme que son employé lui avait bel et bien demandé la permission pour tourner un film dans son commerce, mais qu'il ne lui avait pas précisé le sujet.
«Avoir su qu'il s'agissait d'une scène de hold-up, j'aurais refusé. Je ne pense toutefois pas qu'il voulait mal faire. Il ne connaissait seulement pas l'ampleur des conséquences», estime-t-elle.
Selon Nathalie Lorrain, aucune accusation ne sera portée à l'endroit des quatre individus qui, selon elle, ont déjà eu leur leçon.
«Il importe d'avertir la police quand on organise un événement susceptible d'effrayer les gens, explique-t-elle. Ces étudiants ont mis leur propre vie en danger. Nous avions nos armes dirigées vers eux. Si l'un d'entre eux avait posé un geste menaçant, ça aurait pu être très dangereux.»