En procédant à la mise à jour de l'inventaire du patrimoine bâti de l'ancien village de St-Vincent-de-Paul, l'administration municipale a choisi de réinscrire à la liste des bâtiments d'intérêt trois résidences dont celle-ci sise au 5358-5360, Lévesque. (Photo: Martin Alarie)
Patrimoine en tête réclame l'élargissement des zones patrimoniales
L'organisme recommande un statut pour six bâtiments à l'entrée du Vieux St-Vincent
S'il n'en tenait qu'à Philippe Gariépy, président de l'organisme Patrimoine en tête, ce n'est pas trois, mais bien neuf maisons ancestrales qui seraient ajoutées à la liste des bâtiments d'intérêt dans le territoire patrimonial urbain de St-Vincent-de-Paul.
À la dernière assemblée de consultation publique, l'administration municipale soumettait à la population un projet de règlement visant à reconduire sur la liste officielle trois constructions ayant pignon sur le boulevard Lévesque.
«La présente démarche cherche à corriger une erreur administrative survenue lors de la refonte du règlement», a expliqué le maire Vaillancourt à M. Gariépy qui voulait comprendre la raison pour laquelle ces trois bâtiments avaient été rayés de la liste en 1977.
Requête
Heureux de cette initiative, l'âme dirigeante de Patrimoine en tête a formulé une requête à l'effet que la Ville soumette, de la même façon, six autres bâtiments à caractère patrimonial du boulevard Lévesque à un plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA).
«Quatre de ces six résidences ont, d'ailleurs, déjà été désignées maisons patrimoniales dans l’étude du groupe Pluram menée en 1981», a pris soin de préciser Philippe Gariépy, exhortant l'administration Vaillancourt à s'inspirer des fruits de ce recensement pour accorder un statut de protection aux édifices témoins du passé. «Nous ne comprenons pas pourquoi elles ne font pas partie de la liste des édifices patrimoniaux de Saint-Vincent-de-Paul».
Le Service de l'urbanisme se penchera sur cette recommandation en 2008, affirme le porte-parole à l'Hôtel de Ville, Marc Laforge.
Outre le cachet et l'intérêt d'un bâtiment, celui-ci doit être compris dans le périmètre d'une zone patrimoniale, selon les critères d'évaluation qui dictent les décisions en pareille matière.
Le hic de l'affaire, c'est que ces maisons se trouvent à l'extérieur du Vieux Saint-Vincent, soit à l'ouest de la rue Desnoyers qui marque la porte d'entrée du quartier historique. «Il faut revoir la politique patrimoniale», tranche M. Gariépy en entrevue àL'Édition de Quartier Sud-Est de Laval.
Une affirmation qu'il étaye en citant à nouveau l'étude de Pluram, laquelle identifiait pas moins de 280 maisons patrimoniales dans St-Vincent-de-Paul, alors qu'à peine 80 de ces bâtiments sont officiellement reconnus par la Ville, déplore-t-il.
«La majorité d'entre eux sont situés dans les rangs. Il n'est pas logique de ne pas protéger les maisons patrimoniales, selon le seul critère qu'elles ne fassent pas partie d'un ensemble circonscrit dans une zone. Isolée s'il en est une, la Maison historique André-Benjamin-Papineau en est un bel exemple», illustre ce militant qui a à cœur la conservation et la revitalisation du quartier historique.
Veto du propriétaire
Avant d'inclure un bâtiment sur la liste des édifices patrimoniaux, les autorités municipales s'assurent du consentement de son propriétaire, mentionne Marc Laforge.
Le plaisir et la fierté que procure un tel statut a toutefois un prix qui se paie le moment venu de procéder à des travaux de rénovation. «Les travaux doivent respecter le cachet de l'époque; les plans doivent ainsi être soumis à un PIIA et à l'approbation du comité consultatif d'urbanisme». Par contre, reprend M. Laforge, la valeur de revente est en conséquence.
Photo maison 1
Photo maison 2
Photo digitale patrimoine