Laure King et Zohra Mimouni sont les deux enseignantes derrière ces mesures de soutien aux étudiants ayant des troubles de lecture au collégial.
(Photo: Martin Alarie)
Des mesures pour contrer les troubles de lecture au collégial
Par leur recherche rendue publique le 14 novembre, les enseignantes Laure King et Zohra Mimouni ont voulu voir clair dans une problématique peu explorée au niveau collégial: les troubles de lecture.
Il s'agissait d'outiller les enseignants, afin de mieux retracer les élèves dyslexiques. Ceux présentant une lecture déficiente. Pour ensuite mettre de l'avant des mesures de soutien envers ces élèves.
«Notre objectif : travailler à améliorer le rendement des élèves de nos cégeps. Notre devise: mieux comprendre la dyslexie pour mieux aider les dyslexiques», confient Laure King et Zohra Mimouni, la première étant enseignante au cégep André-Laurendeau, la seconde au Collège Montmorency,
État de la question, questionnaire d'évaluation, tests de dépistage de déficience langagière et de compréhension de texte, ainsi que des recommandations finales sont les principaux éléments du document Troubles de lecture au collégial: deux mesures de soutien. L'enquête a duré deux et demi.
Données globales
Pour construire leurs hypothèses, les professeures ont eu la collaboration de quatre collèges du Québec, dont Montmorency. Elles y ont recruté un échantillon de 506 élèves dans les cours de français de niveau 1 et 2, d’anglais 100 et 102, ainsi que mise à niveau. De ce groupe, 7,2% ont montré un diagnostic formel de dyslexie; tous montrant des difficultés sérieuses en orthographe, 92% d'entre eux étant incapables d'identifier leurs erreurs, bien qu'ils aient profité pour la plupart d'une aide spéciale par le passé.
Afin de poursuivre la recherche, ces 120 participants ont été soumis à différents tests de langage. Premier constat: la grande majorité montre un retard de deux ans. Ils sont lents en lecture ou montre des signes de fatigue. «Cette déficience langagière ne s'est donc pas résorbée malgré l'âge, la scolarisation et l'aide reçue. Il fallait trouver des solutions», indique Zohra Mimouni.
Deux mesures
Pour cette dernière étape, on a fait appel à 93 volontaires. L'équipe de recherche a porté son choix sur deux mesures de soutien. D'abord, un temps additionnel pour effectuer la lecture des textes, soit une fois et demie le temps normalement alloué aux élèves. La deuxième mesure étant d'offrir une version orale des textes et des questions.
Par ces exercices, on a pu déterminer qu'il existait deux types de dyslexies. Donc, que les troubles de lecture présentaient une double origine. Certains montraient des troubles d'origine phonologique; ceux-là profiteront d'une présentation orale des lectures. Les autres montraient un déficit de la vitesse de dénomination, ces derniers ayant tout à gagner d'un temps accru accordé à la lecture. «Dans les deux cas, les mesures proposées ont mené à une amélioration significative des résultats», laisse savoir Laure King.
Recommandations
Mmes Mimouni et King recommandent maintenant que l'on investisse les ressources nécessaires pour évaluer les élèves éprouvant des troubles de lecture, pour ensuite leur donner rapidement accès aux mesures d'aide. Bref, on parle d'amener le réseau collégial à reconnaître l'existence d'une clientèle dyslexique entre ses murs, tel que l'affirme Denyse Blanchet, directrice générale du Collège Montmorency.
Mme Blanchet se dit particulièrement sensibilisée à ce type de problématique, étant elle-même mère d'un fils malentendant. «Je connais les difficultés de faire comprendre au milieu qu'on n'est pas en présence d'une incapacité intellectuelle et de volonté, mais de moyens de résolution de ces problèmes. Il est urgent de faire circuler cette recherche dans nos collèges!» conclut-elle.
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(Photo: Martin Alarie)
«Notre objectif : travailler à améliorer le rendement des élèves de nos cégeps»
– Laure King et Zohra Mimouni