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Au coin du feu… le moins souvent possible

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 15 décembre 2007 à 13:56
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Au coin du feu… le moins souvent possible
Pour minimiser les effets nocifs du chauffage au bois, on recommande d'utiliser du bois sec. Le bois dur comme le chêne, l'érable ou le bouleau est préférable. (Photo: Marc-André Ménard)
Au coin du feu… le moins souvent possible
Dans l'antre, la flamme rougeoyante répand une atmosphère chaleureuse dans les chaumières parées pour les fêtes de fin d'année. Mais le bois qui crépite est loin d'être inoffensif, mettent en garde le Conseil régional de l'environnent de Laval et l'Association pour l'air pur.
La combustion du bois produit, entre autres, de petites particules fines qui voyagent dans l'air et se logent profondément dans les poumons. N'en déplaise aux adeptes du feu dans la cheminée, l'Association pour l'air pur (ALAP) déploie ses énergies à amener les propriétaires de foyers ou de poêles à bois à réserver ce moyen de chauffage aux situations d'urgence.

«Est-ce qu'on a besoin de chauffer au bois au Québec, alors qu'on dispose de l'hydro-électricité?» demande la directrice de l'ALAP, Michelle Rivest.
Centaine de substances
La fumée de combustion du bois recèle des centaines de substances irritantes, toxiques, mutagènes ou cancérigènes, indique l'ALAP, dans une série de commentaires qu'elle a formulé, à la demande du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), en novembre 2007.
Hormis les particules fines, on inclut le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils, l'acroléine, le formaldéhyde, l'oxyde d'azote, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les dioxines et les furannes dans la liste des contaminants issus du bois qui se consume.

Lorsqu'ils sont en concentration trop élevée dans l'air, ces substances peuvent avoir divers effets sur la santé. L'irritation des voies respiratoires est la manifestation la plus courante, mais certains contaminants comme les HAP, les dioxines et les furannes sont soupçonnés d'être cancérigènes, note l'ALAP.

Les personnes les plus vulnérables: les jeunes enfants, les personnes âgées et celles atteintes de maladies cardiaques ou respiratoires chroniques.
Penser aux autres
«Un mode de chauffage doit être respectueux de l'environnement et des voisins, surtout pour ceux qui habitent des villages ou des quartiers résidentiels», dit Michelle Rivest. Or, «la production des émissions nocives est extrêmement localisée, peut-on lire dans le document de l'ALAP. Un quartier, un pâté de maisons et, bien souvent, quelques habitations peuvent être totalement envahis par une pollution extrême».
Une étude menée de 1999 à 2002 par Environnement Canada, le MDDEP et Ville de Montréal confirme que la combustion du bois contribue à la détérioration de l'air. Des échantillons d'air ont été prélevés à une station de mesure installée dans le secteur résidentiel de Rivière-des-Prairies (nord-est de l'île de Montréal), où le chauffage au bois est répandu.

On a établi que les concentrations de certains polluants y sont jusqu'à cinq fois plus importantes en hiver qu'en été. À titre de comparaison, jusqu'à deux fois moins d'émissions de tels contaminants émanent l'hiver du centre-ville, beaucoup moins résidentiel.

La qualité de l'air fluctue par ailleurs au gré des occupations quotidiennes des habitants d'un quartier. «Après le souper et la fin de semaine, c'est l'enfer», fait observer Michelle Rivest. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter le graphique de l'indice de la qualité de l'air publié par le MDDEP chaque jour. L'indice est disponible pour toutes les régions québécoises, incluant Laval. Le chauffage au bois est une source de contamination importante en hiver, avise-t-on sur le site.
Afin de minimiser les effets nocifs du chauffage au bois, l'ALAP recommande d'utiliser du bois sec et de ne jamais brûler de bois traité, peint ou teint. Lors des périodes de smog, les propriétaires de foyer ou de poêles à bois devraient s'abstenir, plaide l'Association.

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