Avec l’Iliade de Homère, les spectateurs sont éloignés des rivages modernes.
(Photo: Martin Alarie)
L'Iliade, dans un café grec
Dans un café grec, des tables et des chaises de bois, qui deviendront plaine de Troie, rempart de guerre et bûcher. Un comptoir réfrigéré, qui servira de cercueil à la dépouille d'Hector, chef des Troyens. Les hommes qui le fréquentent assiègent la Cité, où est emprisonnée la belle Hélène, depuis neuf ans.
Pour le spectateur de l'Iliade, qui finissait sa tournée québécoise le 27 novembre à la Salle André-Mathieu de Laval, le défi est double. D'abord, franchir les siècles qui le séparent de la prose, ciselée comme une fine dentelle, du grand poète grec.
Ensuite, s'accoutumer à l'anachronisme imposé par le metteur en scène, qui flanque sur la scène des héros de l'Antiquité en pantalon, chemise et veste de cuir, attablés autour d'un verre de vin grec.
Tôt ou tard, c'est le rythme enveloppant et prophétique d'Homère qui appelle l'auditoire, loin des rivages modernes. Pour qui accepte le rendez-vous, c'est un voyage marquant sur le champ de bataille, gorgé de sang, sous l'oeil attentif mais insensible d'Athéna, Héra, Aphrodite, Zeus et autres divinités grecques. Autres temps, autres dieux, mais les mêmes vanités, la même colère et la même souffrance, qui échouent contre l'écueil de la guerre. (N.V.)