Luc Lepage est directeur général du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval.
(Photo: Martin Alarie)
Le réseau de santé devra s'adapter
S'il y a un secteur qui sera aux premières loges pour vivre les effets du vieillissement de la population, c'est bien celui de la santé.
Commandée par le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval, une étude menée par la firme CIM a dressé une projection des volumes de sa clientèle pour les prochaines années.
À l'urgence, au cours de la dernière année, les personnes de 65 ans et plus ont représenté 14 417 visites. On s'attend à ce que ce nombre grimpe à plus de 17000 en 2010, et à près de 20000 en 2015.
Sur civières, on a compilé 9466 visites pour le même groupe d'âge, et on en prévoit plus de 11000 en 2010, et plus de 13000 en 2015.
Du côté de l'hébergement, le déficit de lits devrait se chiffrer, toujours en 2015, à plus de 775. Au CSSS, on parle notamment d'un alourdissement important du profil de ses clientèles en centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).
Actuellement à 267, le déficit des ressources passera à 322 en 2010, puis à 384 en 2015.
Performance
«Nous savons exactement ce à quoi nous aurons à faire face et où se trouvent nos besoins, avance Luc Lepage, directeur général du CSSS Laval. Considérant que la même étude démontre que nos performances sont présentement meilleures que la plupart des autres établissements en province, nous avons un problème de moins que les autres à régler.»
«Nous sommes déjà en retard sur le nombre de lits requis, et on doit commencer immédiatement à rattraper le temps perdu, poursuit-il. Aura-t-on l'argent nécessaire pour régler tous ces manques? J'en doute. C'est pourquoi nous sommes à revoir toutes nos pratiques, question de maximiser nos capacités avec les ressources qu'on a. On doit s'assurer d'envoyer le bon patient au bon endroit.»
Main-d'oeuvre
Un autre phénomène auquel doit déjà faire face le CSSS est la pénurie de main-d'œuvre qualifiée.
De l'aveu même du directeur général, il y a là aussi d'importants manques à combler.
«Nous sommes dans un contexte où les besoins en personnel sont de plus en plus grands, et la concurrence aussi, note M. Lepage. On s'arrache le personnel. De notre côté, l'un de nos objectifs est d'améliorer la rétention du personnel qui habite à Laval mais qui n'y travaille pas.»
«Nous avons la chance de bénéficier d'infrastructures de qualité, et on doit maintenant les rendre plus visibles et plus attrayantes. On vient d'ailleurs d'entamer une vaste campagne de publicité en ce sens.»
Comme il l'a fait pour les besoins des personnes âgées sur son territoire, le CSSS prévoit commander une étude pour évaluer les besoins futurs en main-d'œuvre qualifiée.
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(Photo: Martin Alarie)