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La belle empoisonneuse

par Carl Rodrigue
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Article mis en ligne le 30 janvier 2008 à 15:06
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La belle empoisonneuse
Carburant aux tragédies grecques depuis sa tendre enfance, Homère est un jeune homme tout ce qu’il y a de casanier. Le changement qu’il souhaite désespérément se présente sous la forme d’un coup de foudre. Roxanne, une femme aussi belle que mystérieuse, l’entraînera en effet dans une aventure dont il ne reviendra peut-être pas…
Réalisateur de quelques courts-métrages ainsi que de la série télévisée Omniscience, Richard Jutras signe ici son premier long métrage. À l’instar de films comme Sunset Boulevard ou de Carlito’s Way, le film qu’il nous offre est narré par un personnage principal à l’article de la mort. Malheureusement pour le cinéaste et l’acteur Maxime Denommée, cette narration est certainement le plus grand reproche que l’on puisse faire à La belle empoisonneuse. D’une part parce qu’à force de trop vouloir en raconter, on en montre forcément moins, mais surtout parce que laissée à elle-même, la voix de Denommée n’arrive pas à la cheville de son jeu.

Ceci étant dit, le reste est pas mal du tout! Et si le scénario peut paraître quelque peu boiteux à certains endroits, il est bien soutenu par la performance d’Isabelle Blais, mais aussi par celles de quelques acteurs tout aussi talentueux défendant d’importants rôles secondaires. C’est le cas entre autres de Robert Lepage, Isabelle Miquelon, Benoît Gouin et d’André Melançon. Mais le plus grand support – celui qui arrive parfois même à nous faire oublier cette maladroite narration – provient d’Olivier Auriol, compositeur d’une trame sonore des plus inspirées.

Avec un scénario à peine plus solide, Jutras aurait pu faire de véritables merveilles. On demeure donc sur notre faim… pour l’instant. Mais on attend la suite avec impatience.
La belle empoisonneuse – Québec, 2008 – La Belle Empoisonneuse de Richard Jutras avec Isabelle Blais et Maxime Denommée. (93 minutes) 7/10
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