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Un appel au gros bon sens!

La Coalition contre le prolongement de l'A-25 demande au gouvernement d'attendre le jugement du tribunal avant d'autoriser le début des travaux

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 31 janvier 2008 à 15:08
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Un appel au gros bon sens!
Steven Guilbeault interpelle la ministre Monique Jérôme-Forget, l'enjoignant de «prêcher par l'exemple» et de «tenir en laisse ses pépines», le temps que le juge de la Cour supérieure ait entendu la cause et rendu jugement. (Photo: Martin Alarie)
Un appel au gros bon sens!
La Coalition contre le prolongement de l'A-25 demande au gouvernement d'attendre le jugement du tribunal avant d'autoriser le début des travaux
La Coalition contre le prolongement de l'A-25 a obtenu le devancement du procès visant à faire invalider le décret du gouvernement, alors que la cause qui devait initialement être entendue au mois de mai prochain le sera dès jeudi, le 7 février.
Dans les circonstances, on réclame du gouvernement Charest qu'il attende la décision du tribunal avant de permettre le début des travaux.

En conférence de presse, jeudi, le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal, Équiterre et Greenpeace ont signifié l'urgence d'agir, étant donné que cinq demandes de certificat d'autorisation avaient été déposées ces dernières semaines auprès du ministère du Développement Durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) par le partenaire privé, Concession A-25.

«Dans le contexte où l'issue du procès qui débutera la semaine prochaine pourra rendre illégales toutes les demandes d'autorisation du prolongement de l'autoroute 25, il serait téméraire et irresponsable pour le gouvernement d'autoriser le début des travaux», a indiqué le porte-parole d'Équiterre, Steven Guilbeault.
Enjeu majeur
Si les requérants s'opposent toujours farouchement à la construction d'un pont dans l'est, l'enjeu de la présente démarche va bien au-delà du parachèvement de l'autoroute 25, insistent-ils.
La Coalition dénonce vertement le fait que le gouvernement ait travesti les processus d'examen et de consultation telle qu'exigée par la Loi de la qualité de l'environnement. «L'étude d'impact environnemental de 2002 et les consultations de 2005 reposaient sur un concept, alors qu'on ne connaissait rien du projet, ni du promoteur», a rappelé André Porlier, directeur général du CRE de Montréal, remettant en question la légitimité du processus démocratique et consultatif.

«Il en va de la l'utilité du BAPE [Bureau d'audiences publiques sur l'environnement] à long terme», relance Arthur Sandborn, responsable de la campagne Climat et Énergie de Greenpeace. Il craint le précédent ainsi causé par le premier projet en voie de réalisation en partenariat public privé (PPP):«Ça veut-tu dire qu'à chaque fois, le gouvernement pourra tenir un BAPE sans déposer de véritable projet et sans que les citoyens puissent questionner le promoteur?».
Syndrome de la pépine
Évoquant l'expression du syndrome de la pépine lancée en 2006 par la ministre responsable de l'Administration gouvernementale, Monique Jérôme-Forget, M. Guilbeault interpelle directement la ministre, l'enjoignant de «prêcher par l'exemple» et de «tenir en laisse ses pépines», le temps que le juge de la Cour supérieure ait entendu la cause et rendu jugement.
Voilà plus de 30 ans qu'on parle de parachever l'autoroute 25, ce n'est pas quelques semaines, voire quelques mois qui vont changer quoi que ce soit, résument Guilbeault et ses alliés.

Et si le gouvernement Charest faisait la sourde oreille à leur nouvelle demande comme il l'a fait devant leurs revendications depuis le début des audiences, les contestataires n'écartent pas la possibilité de recourir à l'injonction interlocutoire de manière à éviter toute amorce des travaux en rivière avant que les tribunaux ne se soient prononcés sur la légitimité des audiences du BAPE.

À ce jour, le ministère du Transport a déjà injecté plus de 30 M$ dans la reconfiguration du réseau routier local et de l'échangeur autoroutier 440-25. De son côté, le concessionnaire attribuait, l'automne dernier, un premier contrat de 30 M$ à une division de Canam pour la structure d'acier du futur pont et de trois viaducs. Depuis quelques mois déjà, les équipes du plus important fabricant de ponts en acier au Canada sont à pied d'oeuvre à l'usine de Québec, où la fabrication sera entièrement réalisée
Garand persiste et signe
Présent à la conférence de presse, le directeur général du Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, Guy Garand, réitère son opposition au pont dans l'Est et questionne à nouveau les simulations dévoilées par le ministère du Transport aux audiences publiques. «La question que je soulève encore aujourd'hui, c'est le manque de transparence du MTQ dont les études d'impact sur la circulation ne prenaient en compte que la période de pointe du matin. Qu'en est-il des projections pour la période de pointe du soir?», s'interroge-t-il, avant d'évoquer le phénomène du goulet d'étranglement qu'un nouveau pont ne ferait qu'attiser à la hauteur de la rivière des Mille-Iles.

«Avec le nouveau pont, le nombre de corridors sur les ponts reliant Laval à Montréal passerait de 20 à 23. A-t-on pensé qu'à l'heure du retour à la maison, les automobilistes en provenance de ces 23 voies convergeraient vers les 16 corridors menant à la Rive-Nord, alors qu'on constate déjà une congestion importante sur les ponts existants?», termine-t-il, convaincu que la fluidité promise pour combattre l'émission des gaz à effet de serre ne sera jamais au rendez-vous.





(Photo: Martin Alarie)



(Photo: Martin Alarie)

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