Des routes plus écologiques
À Laval comme ailleurs, l'utilisation du sel est repensée
Le seul reproche qu'on leur adressait, il y a quelques décennies, était de tacher les bottes de suède et de cuir. Depuis 2001, les sels qui déglacent nos routes sont reconnus comme toxiques par Environnement Canada. Les municipalités qui en font grand usage, comme Laval, sont invitées à revoir leurs façons de faire.
Les expériences menées sur le terrain ont guidé les changements apportés à Laval. Le sel utilisé seul (chlorure de sodium) est encore le remède le plus efficace, pour venir à bout des chaussées glissantes, sur les artères importantes.
Dans les rues résidentielles et sur les trottoirs, on privilégie le sable, ou encore un mélange sel-sable, qui s'avère très efficace. Il y a deux ans, Laval a fait appel à une firme spécialisée pour mettre au point une formule sel-sable pré-mélangée, qu'elle utilise depuis 2006 à la grandeur de son territoire.
Ces mesures, combinées à une formation du personnel, font partie d'un projet de gestion efficace des sels de voirie sur l'île Jésus. Au bout du compte, il s'agit de rouler, en toute sécurité, sur des routes moins salées.
Stratégie provinciale
Laval n'est pas la seule municipalité à se pencher sur sa gestion des sels de voirie. À la veille de la publication, au printemps 2008, de la Stratégie québécoise de Gestion environnementale des sels de voirie, des villes ont déjà pris les devants.
Dans la région métropolitaine, Pointe-Claire et Chambly ont adopté un plan de gestion et fournissent des rapports annuels au gouvernement fédéral. Ces deux municipalités, comme plusieurs autres au Canada, mettent en application le Code de pratique pour la gestion environnementale des sels de voirie, élaboré par Environnement Canada en 2004.
L'application du Code, qui se fait sur une base volontaire, vise les organisations qui utilisent en moyenne plus de 500 tonnes métriques de sels par année. C'est le cas des deux plus importantes villes de la région -- Laval et Montréal -- qui n'ont pas fait preuve, à ce jour, du même empressement.
Les deux municipalités comptent éventuellement rendre des comptes à Environnement Canada. Pour les villes déjà engagées dans le processus, Ottawa évaluera en 2009 les progrès accomplis en cinq ans.
La sécurité avant tout
En matière d'épandage de sels de voiries sur son territoire, Laval partage la responsabilité avec le ministère des Transports (MTQ). Ce dernier envoie ses propres épandeuses sur les autoroutes qui sillonnent la Ville.
«On essaie de garder [les quantités de sels utilisées] au minimum, affirme Mario Saint-Pierre, porte-parole au MTQ. Mais notre marge de manœuvre est très faible: il n'existe pas de produit de remplacement qui a le même effet. La sécurité, c'est notre priorité absolue.»
Cependant, le prix élevé des sels de voirie joue en faveur de la diminution de leur utilisation, fait valoir M. Saint-Pierre. À titre d'exemple, Laval a payé, en 2007, 66$ la tonne de sel, versus 27$ pour le mélange sel-sable et 14$ pour le sable, selon les estimations fournies par l'Hôtel de Ville.
«La sécurité, c'est notre priorité absolue.»
-- Mario Saint-Pierre, Transports Québec
(Photo: tremie)
(Photo: Martin Alarie)
Les sels de voirie à Laval
Type de sel:
Chlorure de sodium (NaCl), additionné de ferrocyanure de sodium (anti-agglutinant)
En 2007, on a épandu:
35 500 tonnes de sel
1472 tonnes de sable
2954 tonnes de sable et sel pré-mélangés
Coût avant taxe:
2 315 000$ en sel
21 194$ en sable
80 897$ en mélange
Sources: Ville de Laval, Environnement Canada