Le mode de chauffage, les augmentations de taxe et les travaux majeurs doivent être pris en compte pour calculer une augmentation de loyer.
(Martin Alarie)
Le temps des hausses de loyer
En 2007, le loyer moyen d'un logement à deux chambres a grimpé de 3,2% à Laval, alors que la Régie du logement du Québec estimait le taux d'ajustement à 0,8%. Chaque année, l'écart entre la réalité et les estimations persiste, tout comme l'incompréhension entre locataires et propriétaires.
Lundi, la Régie établissait la hausse moyenne à 0,7%. «Il faut comprendre que [cette hausse] tient pour un logement non chauffé, sans augmentation de taxes et sans rénovation majeure, souligne Hans Brouillette, responsable des communications de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIC).
«Une augmentation plus élevée que 0,7% ne veut pas dire que les propriétaires s'en mettent plein les poches.»
Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), quant à lui, déplore «l'iniquité des règles de fixation des loyers» et réclame le contrôle de ceux-ci par le gouvernement du Québec.
L'organisme rappelle que les indices publiés par la Régie ne sont donnés qu'à titre indicatif. Il recommande aux locataires de communiquer avec le comité de logement de leur localité, afin d'obtenir du soutien, dans le cas d'une augmentation abusive.
Cas par cas
Chaque cas est spécifique, explique France Desroches, intervenante, volet logement, à l'Action coopérative d'économie familiale (ACEF) de l'île Jésus.
Des critères généraux comme la source d'énergie utilisée pour le chauffage, les travaux majeurs effectués par le propriétaire et les augmentations de taxes scolaire et municipale peuvent toutefois mener à une estimation sommaire. Pour toute tranche de 5% de hausse de taxes, par exemple, il faut ajouter 0,7%.
À l'ACEF, le téléphone a déjà commencé à sonner, rapporte Mme Desroches. Certains citoyens ont reçu un avis d'augmentation de loyer dès le début janvier, alors que la Régie ne publie habituellement ses estimations qu'à la fin du mois.
«Ça ne donne pas grand temps aux locataires pour réagir» dit-elle, compte tenu que ces derniers disposent d'un mois seulement pour signifier leur refus d'une augmentation au propriétaire.
L'intervenante souligne que beaucoup de locataires ont peur de contester une hausse de loyer. Souvent, «ils ne savent pas que nous sommes là pour les aider».
L'ACEF peut assister un locataire dans le calcul spécifique de la hausse pour son logement. L'organisme peut également prodiguer des conseils. «Je dis aux gens d'être vigilants», résume Mme Desroches.
Dans le cas d'un refus d'augmentation, le locataire a le droit de voir les factures reliées aux travaux, avant d'avoir recours à la Régie, illustre-t-elle.
(Photo: logement)
(Martin Alarie)
Régie du logement:
www.rdl.gouv.ca ou 514 873-2245
ACEF île Jésus: 450 662-0255