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Un regard sur les assiettes

Caroline Chartier: officière d'alimentation

Article mis en ligne le 13 février 2008 à 10:17
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Un regard sur les assiettes
Caroline Chartier: officière d'alimentation
Ce que l'on retrouve dans les assiettes des soldats préoccupe grandement Caroline Chartier, originaire de Laval, non pas parce qu'elle veut avoir un droit de regard sur ce qu'ils doivent manger ou ne pas manger, mais plutôt parce qu'elle se soucie de leur bien-être et parce qu'elle est une officière d'alimentation dans l'armée canadienne.
Son travail est avant tout administratif. Elle supervise les contrats d'alimentation, contrôle le budget, gère les plaintes et s'assure de la qualité et de la variété des aliments autant à la base principale à Kandahar que sur les postes avancés. D'ailleurs, d'un endroit à l'autre, il semblerait que la nourriture soit quelque peu différente. « Sur les bases avancées, le contrat est différent et nous avons des cuisiniers nord-américains, ce qui n'est pas le cas au KAF (la base principale de Kandahar). »

Résultat de cette dernière situation: près de six soldats sur dix ne seraient pas satisfaits de la nourriture qu'on leur sert. Même la principale intéressée dit qu'elle n'est pas en pâmoison devant les petits plats offerts. « Je m'y suis fait. Le problème, c'est la variété. Nous serions censés avoir des plats d'Europe, de l'Amérique du Nord et de l'Angleterre mais, dans les faits, les plats se ressemblent et ils reviennent régulièrement au menu. C'est sûr qu'un cuisinier canadien ferait toute la différence. » Mais avec toutes les nationalités qui trouvent place à KAF, il est difficile de plaire à tout le monde. Mme Chartier travaille fort sur cette question. « Nous avons des réunions toutes les deux semaines et, à chaque fois, j'aborde cette question. Mais, au moins, toutes les cuisines offrent des plats végétariens et cachère. »

Si le problème à KAF est la variété, dans les postes avancés c'est la nourriture fraîchement préparée qui manque parfois, dû à un manque de personnel. « À KAF ce n'est pas de la grande cuisine, mais au moins les gens mangent, personne ne meurt de faim. Dans les postes avancés, il arrive que les soldats ne puissent pas avoir leurs trois repas par jour. À ce moment, ils doivent se contenter des rations déshydratées. Ça demeure mon plus gros travail parce que je pense que c'est plus important que les soldats sur les postes avancés mangent bien que ceux qui restent à KAF. Parce que là-bas, le confort est loin d'être le même et les soldats sont directement sur le front. »

Même si elle se bute à quelques problèmes, cette Lavalloise adore son métier et elle ne s'en fait pas outre mesure au sujet des commentaires qu'elle peut recevoir. « Il ne faut pas le prendre personnel. J'essaie d'améliorer la situation. »

Une chose est sûre, personne ne prendra par la main les soldats pour qu'ils surveillent leur alimentation et pour ceux qui souffrent d'allergies, c'est à eux de prendre leurs responsabilités, car seulement les fruits de mer et les noix sont clairement identifiés. « Les gens qui viennent ici sont en bonne santé. Lorsqu'ils font trop d'allergies, ils ne peuvent tout simplement pas être déployés. »

Si cette bachelière en alimentation a choisi d'exercer son métier dans les Forces armées canadiennes, c'est avant tout parce qu'elle n'avait pas envie de dire aux gens ce qu'ils devaient manger ou non. « Je n'aime pas la diététique pure. Ici, mon travail c'est de leur offrir des choix santé, mais aussi des choses bonnes pour leur moral. Les gens sont majeurs et vaccinés, ils choisissent ce qu'ils veulent.» L'armée lui permettait aussi d'atteindre plus rapidement ses objectifs professionnels. « Il n'y a pas énormément d'emplois en diététique et cela m'aurait pris dix ans avant de me rendre là où je suis rendu maintenant. Je voulais faire tout de suite ce qui me faisait envie et je voulais vivre l'aventure.»
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