Borderline
Entre ses visites à l’université où elle planche sur son mémoire de maîtrise et l’appartement de sa grand-mère qui l’a élevé, entre son professeur devenu son amant et sa mère internée dans un hôpital psychiatrique, entre son passé mouvementé et un futur plus qu’incertain, Kiki Labrèche est à la recherche d’un équilibre… aussi délicat soit-il.
En psychiatrie, le terme «borderline» est employé pour désigner le trouble de la personnalité limite. Un état qui, chez le patient, s'exprime par des relations humaines délicates et des humeurs changeantes. Kiki en est atteinte, mais il faut avouer qu’elle a de qui retenir…
La cinéaste Lyne Charlebois, qui signe ici son premier long métrage (après plus de cent vidéo-clips, publicités et autres courts métrages), entre de façon magistrale par la porte de devant du cinéma québécois. D’une part, il y a bien longtemps que Montréal avait été aussi bien photographié : sa beauté rivalisant presque avec celle d’Isabelle Blais. Mais c’est surtout la grâce avec laquelle furent adaptées les œuvres Borderline et La Brèche de l’auteure Marie-Sissi Labrèche que l’on retiendra. De concert avec Labrèche qui participa à la scénarisation, Charlebois plonge littéralement dans l’âme des personnages afin de les immortaliser sur pellicule. Et si Angèle Coutu et Sylvie Drapeau (à peine réconnaissables!) brillent dans leurs rôles respectifs, que dire d’une Isabelle Blais qui se met à nue dans tous les sens du mot… À la fois forte dans sa fragilité et seule dans la foule, Blais joue avec tout ce que son personnage requiert de nuance afin de s’approcher le plus près possible de la frontière de la dérision, mais sans jamais la franchir.
À bien des égards, Borderline rappelle Continental, un film sans fusil, un film avec lequel il partage ses plus belles qualités. Après la vague des comédies légères et celle du cinéma du terroir, le cinéma québécois serait-il en train de se réinventer? Il est sans doute trop tôt pour le dire… mais on se plaît à y croire.
Borderline – Québec, 2008 – de Lyne Charlebois avec Isabelle Blais et Jean Hughes Anglade. (110 minutes) 8/10
> Recommandations
Colossus Laval: Cloverfield
Méga-Plex Pont-Viau: Bordeline
Cinéma Tops: Drôle d’abeille
À surveiller : Jumper de Doug Liman avec Hayden Christensen et Samuel L. Jackson.