Annonces classées | Enchères | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne
Transcontinental
Courrier Laval
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Investir pour ne plus enfouir

Laval songe à convertir ses ordures en énergie verte

par Nathalie Villeneuve
Voir tous les articles de Nathalie Villeneuve
Article mis en ligne le 17 février 2008 à 7:51
Soyez le premier à commenter cet article
Investir pour ne plus enfouir
Après le recyclage, il faut s'attaquer aux matières putrescibles et aux déchets non valorisables, qui finissent encore souvent au site d'enfouissement. (Photo: Marc-André Ménard)
Investir pour ne plus enfouir
Laval songe à convertir ses ordures en énergie verte
Après le recyclage, on s'attaque maintenant aux déchets de table et au reste du contenu du sac vert des lavallois. L'heure est aux choix technologiques et le débat est entamé.
À l'occasion des audiences sur l'avenir de la gestion des matières résiduelles au Québec, qui ont débuté le 6 février, un jargon rébarbatif a fait son apparition sur la place publique.

Compostage en andains, en système fermé ou digestion anaérobie? Incinération ou gazéification? L'aspect technique de la valorisation des ordures qui restent toujours au fond de nos sacs verts est la clé de l'idéal du «zéro déchets».

Pour franchir cette dernière étape, les municipalités du Québec devront possiblement investir beaucoup d'argent, selon les options qui seront retenues.
De l'argent, svp
C'est pourquoi l'ensemble du monde municipal demandait cette semaine au gouvernement l'établissement d'un programme national pour financer les futures usines de traitement des résidus putrescibles et des déchets ultimes (non valorisables).
À titre de vice-président de la Communauté urbaine de Montréal (CMM) et président du Caucus des municipalités de la métropole de l'UMQ, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a signé une déclaration commune avec les autres intervenants du monde municipal.

Il faut respecter le principe des 3RV-E (Réduction à la source, Réemploi, Recyclage, Valorisation et Élimination des déchets, dans l'ordre de priorité), dit-on en somme, mais il faut aussi reconnaître le besoin d'investir dans des technologies qui permettront d'éviter l'incinération pour les déchets toujours en croissance. Et pourquoi pas, du même coup, produire une énergie verte et réduire les émissions de gaz à effet de serre?
Croissance des déchets
Le raisonnement de la CMM est insidieux, met en garde Coralie Deny, chargée de projet au Conseil régional de l'environnement (CRE) de Montréal. Son organisme, tout comme le CRE Laval, a travaillé à la rédaction du mémoire du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, dans le cadre des consultations publiques sur la gestion des matières résiduelles.
«Ils partent du principe que la production des matières résiduelles va augmenter au rythme actuel pour les 20 ou 30 prochaines années, dit Mme Deny. Ce qui veut dire qu'on n'aurait pas fait grand-chose au niveau du contrôle à la source. On ne se donne pas l'objectif "0 déchets" comme à Toronto.»

Les technologies qui ont fait l'objet d'une étude commandée par la CMM doivent, pour être rentables, traiter une quantité énorme de résidus. C'est notamment le cas de la gazeification, une méthode de traitement des déchets non valorisables. «Supposons que dans 20 ans, on ait diminué le taux de croissance de nos matières résiduelles, et qu'on atteigne 80% de valorisation. Est-ce que les usines pourront fonctionner avec ce qui reste?» demande Mme Deny.

«La quantité des biens consommés augmente avec le développement économique, répond Gilles Vaillancourt. Quand on regarde tout ce qu'on n'envoie plus dans les dépotoirs, on a à peine compensé pour la croissance. Changer à la source même le comportement des gens, c'est un rêve extraordinaire, mais qui ne se réalise pas.»
Bilan GES
Afin de mieux guider son choix dans les dédales technologiques, Laval est en voie de commander une étude, de concert avec les municipalités de la Couronne nord. Les résultats seront connus en décembre.

La CMM a déjà les rapports de deux études effectuées en 2006 (à lire en page 13). Ces analyses ne tenaient pas compte des particularités régionales et des émissions comparatives de gaz à effet de serre, indique le maire.

Pour le compostage, comme pour le traitement des déchets ultimes, «nous allons tenter de choisir une technologie qui va améliorer notre bilan de GES [gaz à effet de serre] et non pas le détériorer», dit-il.
«Changer à la source même le comportement des gens, c'est un rêve extraordinaire, mais qui ne se réalise pas.»
-- Gilles Vaillancourt

(Photo: poubelles)

(Photo: Marc-André Ménard)
À lire la semaine prochaine: «Le compost à la croisée des chemins»

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Symposium de peinture

Chroniqueurs

Chez nos voisins


La question du net


Liens