Le monde municipal use de ses charmes
Selon les responsables municipaux, l'aspect démographique n'est pas la seule explication au manque de relève. La méconnaissance de ce palier gouvernemental par les finissants fait également partie de l'équation. Pour remédier à la situation, l'opération charme a débuté.
Claude Delisle, directeur exécutif de l'Association des directeurs généraux des municipalités du Québec (ADGMQ), ne se fait pas prier pour vanter les perspectives de carrière dans la sphère municipale. «C'est l'endroit pour quelqu'un qui a envie de faire quelque chose pour sa communauté puisqu'il peut influencer les décisions des politiciens. Dans les municipalités, on est très près des décisions», fait-il valoir.
Selon lui, des carrières intéressantes sont possibles dans le milieu municipal, notamment pour les ingénieurs, les urbanistes et les avocats. «Le poste de greffier est un fichu de beau poste pour les avocats qui aiment l'analyse de la loi. Ils sont les législateurs, ils rédigent les lois. Dans les villes, ils sont seuls à ce poste alors qu'au gouvernement provincial, ils font partie d'une équipe de 50 personnes», observe Claude Delisle.
En plus de conditions salariales intéressantes, la fonction publique municipale a d'autres avantages selon M. Delisle. «Comme il y a des villes partout, le milieu municipal est bien pour ceux qui veulent vivre en région. Pour les carriéristes, il y a de belles perspectives puisqu'ils peuvent débuter dans une plus petite ville avant de monter vers une plus grande.»
Le retour des stages
M. Delisle constate que le recrutement de main-d'œuvre est plus difficile depuis quatre ans. «Auparavant, les Villes publiaient une annonce pour un poste et on ne la revoyait plus parce qu'il avait été comblé. Présentement, on constate qu'il y a plusieurs affichages pour un même poste», rapporte-t-il.
Les étudiants et les finissants de certaines universités pourront prendre connaissance des possibilités du monde municipal puisque l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et l'ADGMQ tiennent des kiosques pour les attirer dans la fonction publique municipale. En plus d'être présents lors des journées carrières, M. Delisle indique que les représentants municipaux désirent ressusciter les stages.
Directrice générale de Rougemont, Marie-Claude Choquette, 28 ans, admet qu'elle n'avait pas entendu parler des possibilités offertes par les municipalités durant sa formation en droit. Elle constate aujourd'hui qu'il s'agit d'un milieu «dynamique et diversifié» proposant des postes très différents les uns des autres.
>Emploi en milieu municipal
Plus de 1100 employeurs
Environ 80 000 emplois partout au Québec
25 à 35% des postes à combler dans les 10 prochaines années
(Source: ADGMQ et UMQ)