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Laval gagne la bataille des nanosciences

Un second centre de recherche pour le campus Armand-Frappier

par Stéphane St-Amour
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Article mis en ligne le 15 février 2008 à 17:18
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Laval gagne la bataille des nanosciences
La nanotechnologie est une science de l'infiniment petit parfaitement compatible avec le secteur biomédical, le fer de lance de la nouvelle économie à Laval. (Photo: gracieuseté INRS)
Laval gagne la bataille des nanosciences
Un second centre de recherche pour le campus Armand-Frappier
L’Institut national de la recherche scientifique poursuit la consolidation de ses effectifs sur son campus lavallois en y intégrant, cette fois, son centre de recherche Énergie, Matériaux et Télécommunications (INRS-EMT). Coût de l'opération: 75 M$.
Après avoir rapatrié, cet hiver, le centre de recherche en santé humaine de Pointe-Claire et son laboratoire de contrôle du dopage sportif, voilà que l’INRS-Institut Armand-Frappier annonce qu’il accueillera en son sein le futur et très convoité institut des nanosciences.

Vu sa portée scientifique et son potentiel d'essaimage, ce projet a été au cœur de bien des tractations au printemps dernier, alors que les Villes de Montréal et de Laval se l’arrachaient littéralement. C’est finalement Laval qui a remporté la loterie INRS, une victoire savourée toutefois sobrement considérant que les dés en sont jetés depuis bientôt huit mois.
Choix logique
Une résolution, dont le Courrier Laval a obtenu copie, adoptée par le conseil d’administration de l’INRS lors d’une réunion tenue le 28 juin 2007 atteste de cette décision de «retenir pour la relocalisation du Centre Énergie, Matériaux et Télécommunications (EMT) le site de l’INRS à ville de Laval».
Un choix qui s’imposait, affirme Pierre Lapointe, directeur général de l’INRS. Celui-ci rappelle que la nanotechnologie est une science de l'infiniment petit parfaitement compatible avec le secteur biomédical. «C’est le secteur le plus probant et le plus significatif en terme d’application des nanosciences», dit-il en évoquant les nouvelles technologies médicales liées à l’innovation thérapeutique.

En ce sens, la Cité de la biotechnologie et de la santé humaine du Montréal métropolitain, laquelle s’articule tout autour du campus lavallois INRS-IAF dont il est d’ailleurs le principal promoteur, s’avérait le site tout désigné.

En plus d’un accès direct à une imposante masse critique d’entreprises spécialisées en biopharmaceutique et en biotechnologie, l’INRS-EMT voisinerait avec le Centre national de biologie expérimentale (CNBE), une animalerie qui vient de doubler sa superficie au moyen d'un investissement de 25 M$.

Outre les sociétés du biopôle lavallois, celles liées au pôle des technologies de l’information et des communications pourront également partager les infrastructures du futur centre des nanosciences. «La mise en commun des services, des équipements et de l’expertise a toujours fait partie de notre culture organisationnelle», indique Pierre Lapointe qui réitère sa foi dans le mariage entre la recherche universitaire et les chercheurs oeuvrant pour le compte d’entreprises privées.
75 M$
On est actuellement à finaliser le montage financier du futur pavillon avec les paliers de gouvernement supérieur, pendant que l’administration municipale s'est déjà engagée à allonger 4 M$ sur cinq ans pour soutenir financièrement l'implantation de cet équipement institutionnelle. Tel que le Courrier Laval le rapportait à la une de sa livraison du 29 avril 2007, cette importante contribution financière correspondrait à l'en-lieu de taxes que Québec lui verserait en compensation fiscale.
Une fois que Québec et Ottawa auront confirmé la hauteur de leur contribution respective, on procédera à la mise en chantier de ce centre de recherche et de formation du futur qui nécessitera un investissement de l’ordre de 75 M$.
Voilà ce qui en coûtera pour la construction du bâtiment et des laboratoires, cette somme ne comprenant l’achat d’aucun nouvel équipement, précise M. Lapointe. Ce dernier évalue la valeur des actifs à près de 80 M$ au campus INRS-EMT, à Varennes.

Cette constituante de l’Université du Québec de 2e et de 3e cycle a grandement besoin d’espaces pour faire face au développement de l’INRS-EMT.

Incidemment, le plan de développement stratégique 2007-2015 prévoit réunir sous un même toit les deux sites de recherche et de formation actuellement basés à Varennes (Énergie et Matériaux) et à Montréal (Télécommunications) fusionnés en avril 2002.

En plus de favoriser une meilleure synergie entre les chercheurs, cette unification permettra de régler le problème d’isolement physique que pose le site en Montérégie, lequel constitue «un frein majeur à la croissance de la clientèle étudiante», s’entendent pour dire les administrateurs du conseil d’administration de l’INRS.

«Avec nos partenaires français, on explore même la possibilité d’implanter un programme de formation internationale à la maîtrise et au doctorat en nanobiosciences, c’est-à-dire l’application de l’ultra rapide et de l’ultra petit dans le secteur biomédical», s’enthousiasme Pierre Lapointe.
Le temps presse
Le facteur temps est un élément qui presse le grand patron de l’INRS, puisque la location du bail de 25 000 pieds carrés que le centre Télécommunications occupe présentement à la Place Bonaventure arrive à échéance fin décembre 2009.
Considérant qu’il faille compter près de 18 mois pour la construction du nouveau pavillon, il faudrait alors mettre le projet en chantier au plus tard d’ici la fin de l'été pour rencontrer l’échéancier. Le pavillon dédié aux nanotechnologies s'élèverait sur quatre étages et disposeraient d'environ 120 000 pieds carrés, soit une superficie équivalente au Centre de développement des biotechnologies (CDB) qui borne le boulevard Cartier, à l'ouest de l'autoroute des Laurentides.

Mine de rien, l’avènement du centre de recherche INRS-EMT sur le campus Armand-Frappier impliquera le transfert de quelque 300 employés et étudiants dont une quarantaine de chercheurs à temps plein, ce qui doublera leur nombre sur le site.

En prenant en compte les 125 employés fraîchement déménagés de Pointe-Claire à Laval, l’Institut national de la recherche scientifique contribuerait à mettre au travail dès 2010 quelque 600 professeurs-chercheurs, assistants à la recherche, techniciens, employés de soutien et étudiants inscrits à la maîtrise et au doctorat.

(Photo: gracieuseté INRS)

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