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Laval, de plus en plus «hot»

par Nathalie Villeneuve
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Article mis en ligne le 20 février 2008 à 2:09
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Laval, de plus en plus «hot»
Il n'y a pas que les gaz à effet de serre qui ont une incidence sur le climat. L'urbanisation à grand coups de bitume aussi. Avec ses aires asphaltées de plus en plus nombreuses, Laval est maintenant sur la carte des îlots de chaleur.
Les mégacentres de Sainte-Dorothée et Duvernay, le parc industriel de Chomedey, le Carrefour Laval, le Centre Laval et le pôle de loisirs Cosmodôme-Colossus-Centropolis, pour ne nommer qu'eux, sont des points chauds à Laval.

Il ne s'agit pas là d'un compliment. Ces hauts lieux de la consommation, du loisir et de l'activité économique, tirent au rouge violacé sur une carte lavalloise des îlots de chaleur, publiée lundi à Montréal.

Cette image satellitaire n'est qu'un modeste élément d'une vaste étude initiée par le Conseil régional de l'environnement (CRE) de Laval, sur l'évolution, entre 1985 et 2005, du couvert végétal et des îlots de chaleur sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Parmi les autres banlieues de moindre importance, dans la Couronne nord et sud de Montréal, Laval se démarque, à vue de nez, par le nombre et l'intensité de ses îlots de chaleur.

Par définition, ces îlots sont des zones où le mercure, en été, grimpe de 5 à 10 degrés Celcius de plus que dans les secteurs avoisinants. Pour le citoyen bien portant, résider à proximité d'un îlot de chaleur implique de l'inconfort pendant les périodes de canicule.

Pour les personnes plus fragiles, souffrant par exemple de troubles pulmonaires ou cardiovasculaires, ou pour les jeunes enfants et les aînés, la chaleur accablante peut conduire tout droit à l'urgence, rappelle Norman King, épidémiologiste de la Direction de la santé publique de Montréal.

M. King se joignait à près d'une vingtaine de conférenciers dans le cadre du Colloque Montréalais sur l'état du couvert végétal, les stratégies de verdissement et la lutte aux îlots de chaleur urbains, présenté conjointement par les CRE de Montréal et Laval lundi.
Perte de 18%
L'étude du CRE Laval, mise sur les rails il y a deux ans par le directeur de l'organisme, Guy Garand, a été réalisée au coût de 400 000$, grâce à la contribution financière du Fonds d'action québécois pour le développement durable et du gouvernement québécois. Laval et la Conférence des élus de Laval ont contribué à hauteur de 35 000$ et 30 000$, respectivement.
Le fruit du travail de chercheurs de l'UQÀM, de l'Institut de recherche en biologie végétale et de l'Université de Montréal, tient sur un DVD de 2,09 gigaoctets, soit plus de 700 pages de cartes, photos, textes et schémas.

La conclusion la plus frappante: la perte de 18% - soit 310 ha, l'équivalent de 575 terrains de football américain - de la superficie boisée de la CMM, entre 1998 et 2005 seulement.

À ce rythme, la prédiction faite en 2001 par le ministère des Affaires municipales, soit la disparition du couvert végétal de la région métropolitaine en 2029, est en voie de se réaliser, a souligné M. Garand, lors d'une conférence de presse, lundi.
Un four
«On s'en va vers un four», a-t-il illustré, en évoquant les impacts de cette déforestation sur les îlots de chaleur. «On veut que les urbanistes et les spécialistes de l'aménagement du territoire se servent de cet outil», a-t-il ajouté à propos de l'étude qu'il a instiguée.
Pour les directeurs des CRE Laval et Montréal, il faut, pour freiner le réchauffement induit par le développement, que les municipalités adoptent des modèles d'aménagement qui permettent de maintenir la végétation.

«On n'est pas là pour dire "stop" à tout développement, a précisé André Porlier, directeur du CRE de Montréal. Il existe des moyens de développer sans tout détruire.» Avec moins de 1% des milieux naturels jouissant d'une protection juridique à Laval, il faut tout conserver ce qui reste, insiste M. Garand.
Guy Garand, directeur du CRE Laval
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